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Édition Semaine n° 44  -  Octobre  2014

 

______________  LEXNEWS, LE WEBMAG DU SPORT_______ 

 Les infos Sport --- Les tests Matériel - Les Conseils des Pros - Les Interviews

   

INTERVIEW BILL GRANT

HOMMAGE REG PARK

BILL GRANT Bodybuilding & Figure Classic

INTERVIEW LARRY SCOTT

INTERVIEW SERGIO OLIVA

NOUVEAUTES Your Sportsfashion

FLEXORING DE SVELTUS

REMISE EN FORME

SERGE NUBRET

DVD DAVE DRAPER - BILL PEARL

INTERVIEW FRANCO COLUMBU

INTERVIEW FRANK ZANE

LIVRES & REVUES

MUSCLE MAG, la revue de référence en Bodybuilding + numéro spécial Arnold !

 

 

Muscle Mag, le fameux magazine dirigé par Robert Kennedy, est une institution aux États-Unis, et devrait attirer l’attention de tous les passionnés du bodybuilding en Europe. Dans son dernier éditorial, l’éditeur s’interroge sur ce qui ne va pas dans ce sport alors même qu’il n’y a jamais eu autant de pratiquants dans les salles de sport. Cette sensation de malaise et de décalage entre le grand public et l’élite sportive est en premier lieu due au problème du dopage au haut niveau. Incontournables pour atteindre les niveaux de masse de musculaire constatés depuis plusieurs décennies aux différentes compétitions nationales et internationales, les drogues font malheureusement partie du quotidien des compétiteurs, et ce, de plus en plus jeunes. Alors même que les anciens relèvent les nombreux dangers de leur utilisation (cf toutes nos interviews des bodybuilders de l’âge d’or dans ces colonnes), il est difficile d’imaginer comment cette situation pourrait se renverser : imaginez de dire à un jeune tennisman du XXI° siècle d’abandonner les matériaux de pointe pour revenir à la vieille raquette en bois des grands-parents des années 60 ? Le problème est que cette « avancée » technologique dans ce sport est bien évidemment un recul quant à ses effets sur la santé… Robert Kennedy précise même que cette course aux stéroïdes conduit du fait de leur excès à donner un aspect inesthétique au muscle qui tend à l’uniformisation des différents compétiteurs : « ils finissent tous par avoir la même allure ! » relève-t-il avec justesse. A l’époque de gloire de ce sport, il était possible d’identifier rien qu’à leur silhouette les différents protagonistes concourants aux compétitions. Autre problème, il manque un porte-parole de poids pour ce sport, un nouvel Arnold, comme l’indique avec justesse Robert Kennedy, qui se ferait l’avocat de ce sport à la fois si pratiqué et si décrié.
 

pour commander ou s'abonner à ces revues :

www.emusclemag.com

Pour encourager à un retour à la raison, Muscle Mag a réalisé un superbe numéro collector consacré tout entier à Arnold Schwarzenegger : avec plus de 200 photos pour la plupart inédites de la grande icône du bodybuilding, des témoignages de ses amis les plus proches (Franco Columbu…), son parcours biographique, un dossier spécial Pumping Iron, et bien d’autres témoignages…
 

Les publications de Robert Kennedy ne sont cependant pas réservées qu’aux gros costauds de ce sport ! Oxygen est une revue pour les femmes d’aujourd’hui qui savent qu’en pratiquant la musculation en salle leur corps s’améliorera en aspect et en santé sans pour autant ressembler à Hercule… A l’approche de l’été, des dossiers pour perdre les quelques kilos en trop et des exercices pour renforcer les abdos pour un ventre plat devraient intéresser plus d’une lectrice (leurs maris pourront d’ailleurs lorgner sur ces pages pleines d’informations utiles !!!).
Mais, rien n’est cependant possible sans une diététique efficace, certains entraîneurs et pros n’hésitent d’ailleurs pas à dire que cela entre à 80% dans ce sport… Pour ces raisons, Clean Eating (littéralement manger propre) nous propose des idées de menus pleins de santé pour toute la famille, des idées de desserts à 200 calories, des sandwichs diététiques à emporter partout avec soi…Et pour les inconditionnels du restaurant, des propositions de dîners faits en 20 min !

« Titans » photographies d’Al Satterwhite, 335 x 285 mm, 262 pages, 187 photographies en noir et blanc, Dalton Watson Fine Books, 2009. 

Le grand photographe Al Satterwhite nous invite dans un livre au nom prédestiné « Titans » à une comparaison entre deux géants, le célèbre boxeur Mohammed Ali et le bodybuilder Arnold Schwarzenegger, actuel gouverneur de la Californie. La comparaison avec les six fils de la terre et du ciel de la mythologie grecque de ces deux figures de légende a inspiré le photographe américain Al Satterwhite qui a travaillé pour les plus grands médias Life, Look, Time, Newsweek,…

Ayant connu la Californie des années 70 où il s’établit, les années 80 le virent s’installer à New York pour réaliser de nombreuses campagnes publicitaires pour des clients nationaux et internationaux. Depuis les années 90, il est revenu en Californie où il pratique son art. Alors qu’il est réputé pour son travail photographique sur la couleur saturée, Al Satterwhite nous propose dans cet ouvrage un aspect moins connu de son art avec des clichés en noir et blanc de deux sujets masculins, sportifs de renom. Le photographe eut le privilège de rencontrer Mohammed Ali en personne en 1970 à Miami alors que le boxeur préparait son combat contre Joe Frazier. C’est en 1976 qu’il fit la connaissance d’Arnold Schwarzenegger en Californie au fameux Gold’s Gym où le champion venait d’interrompre par une semi-retraite une longue série de victoires en bodybuilding. L’objectif d’Al Satterwhite suit ces deux géants, Titans, dans leur quête inassouvie de l’excellence. Leur détermination sans faille imprime littéralement la pellicule du photographe de talent qui a su trouver les angles, le cadrage et la lumière pour fixer ces instants d’éternité. Que l’on soit amateur ou non de force et de puissance, le résultat artistique est saisissant. Qu’il s’agisse de la vie de tous les jours, dans la sueur et l’effort, ou dans des instants du quotidien insolite, la magie opère grâce au fabuleux travail du photographe.

Un ouvrage de toute beauté à recommander ! 

Pour se procurer le livre sur le site de l’éditeur : www.daltonwatson.com info@daltonwatson.com

 

« BodySports – La Bible des exercices » de Josette Roche-Shuey et Lucien Demeillès, Editions JIBENA.

 

A l’heure des manuels de musculation trop rapidement élaborés avec des photos plus ou moins en situation, ce dernier ouvrage des Editions Jibena conçu par deux spécialistes de la forme et de la musculation (les auteurs interviennent en effet régulièrement depuis de nombreuses années dans la Revue « Le Monde du Muscle) fait figure d’évènement. Un évènement pédagogique tout d’abord en raison du travail iconographique exceptionnel réalisé grâce aux dessins de Lucien Demeillès, véritable artiste en la matière, qui offrent non seulement une vision dynamique des exercices présentés mais forcent également leur compréhension en isolant les muscles et parties du corps concernés. Avec ses 500 dessins d’exercices, cet ouvrage couvre également, autre mérite, l’ensemble de la musculature du corps humain pour une remise en forme, un entraînement régulier voire même un perfectionnement après des années de pratique. Chacun trouvera des mines d’informations dans cette Bible des exercices afin d’apprendre, à terme, à composer soi-même ses programmes et mieux coller à la spécificité de son métabolisme et de son anatomie. Cet objectif ne pourra être atteint qu’en étudiant dans le détail et dans ses interactions l’ensemble des exercices ici présentés afin de parvenir à cette compréhension de l’idéal culturiste tant souvent décrié et pourtant magnifié dés la plus ancienne statuaire grecque classique !

 

Interview Bill GRANT, New Jersey, 01/12/2007.

 

 

 

LEXNEWS a pu converser longtemps avec l'une des icônes de l'âge d'or du Bodybuilding, Bill Grant. Ce grand champion est en effet insatiable lorsqu'il s'agit de parler de son sport de prédilection, de sa passion bref de sa vie ! Bill Grant est non seulement un sportif de haut niveau réputé par sa symétrie mais également un pédagogue extraordinaire. A 61 ans, il possède un physique qui peut faire pâlir d'envie plus d'un jeune homme ! (voir photo ci-dessus). Il jette un regard très lucide sur la discipline et propose une approche qui devrait inspirer les plus jeunes tout autant que les moins jeunes pratiquants.

 

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LEXNEWS: “Vous souvenez-vous à quelle époque vous avez soulevé vos premières haltères ?”

 

Bill GRANT : “C’est une grande question car en effet tout a toujours trait aux premiers débuts ! J’avais environ dans les 9 ans lorsque j’ai saisi ma première barre ; j’étais d’ailleurs trop jeune pour débuter cela. En fait, j’ai réellement commencé à m’entraîner dés l’âge de 12 ans et même là, c’était encore trop tôt. J’ai été introduit dans l’univers du bodybuilding par un de mes amis. A cette époque, à la fin des années 50, cet ami avait des poids dans sa cour. Il m’a montré comment soulever ces poids et c’est ainsi que tout a réellement commencé. A cette époque, il n’y a avait aucun endroit où s’entraîner contrairement à aujourd’hui avec les salles que nous avons partout. Vous deviez vous entraîner dans une cave ou dans une pièce de votre maison. Je suis allé dans différents endroits, et je m’entraînais également dans ma chambre. En fait je m’entraînais où je pouvais. En 1960 j’ai pris les choses au sérieux, j’avais alors 14  ans. Je suis allé au YMCA. C’est vraiment à partir de là, en effet, que tout a commencé sérieusement. C’est un endroit très sombre dans un sous-sol avec de la poussière mais c’était tout de même un endroit merveilleux ! Il n’y avait pas de machines sophistiquées, seulement des barres, des haltères, et une cage de squat… La seule machine que nous avions était une presse pour les jambes faite en bois ! Nous utilisions même des pièces de camion qui faisaient fonction de poids de 20 ou 25 kg. Nous n’avions vraiment pas cet équipement de luxe que les salles possèdent aujourd’hui. Je pesais alors 110 pound et je mesurais 4”9.

 

LEXNEWS: “Vous vouliez donc gagner du poids ?”

 

Bill GRANT : “ Oui, j’étais alors toujours harcelé, battu par tous et même par les filles ! J’avais deux sœurs et il arrivait qu’elle me frappe également. J’en ai eu assez d’être battu comme cela tout le temps. J’aimais beaucoup le football (américain) mais j’étais trop petit. J’ai fait ma première compétition quand j’avais 17 ans dans ma senior high school. J’avais pris plus de 20 kilos en 4 ans et je devenais de plus en plus fort. Cette compétition s’appelait “Mr High School New Jersey”. J’ai eu la 5ième place et ce fut mon tout premier classement dans une compétition. Je lisais alors tous les magazines religieusement et consciencieusement. J’admirais dans ces pages Serge Nubret, Sergio Oliva, Reg Park,…

 

 

LEXNEWS: “Malheureusement, comme vous le savez, Reg Park est décédé récemment. Le connaissiez-vous et pouvez-vous nous dire quel témoignage vous souhaiteriez laisser sur ce grand personnage du bodybuilding ?”

 

Bill GRANT : “ J’ai rencontré Reg pour la première fois sur le tournage du film “Pumping Iron” en Afrique du Sud en 1975. D’ailleurs Serge Nubret était également là à cette époque. J’avais du faire une escale de Los Angeles à Paris avant d’arriver à Johannesburg. Reg Park était un homme merveilleux ; il était non seulement un grand champion mais également un homme de valeur. Il est venu me chercher personnellement à l’aéroport ce qui fut un choc pour moi ! N’oubliez pas qu’à cette époque l’apartheid était à son apogée en Afrique du Sud. Je lui ai alors dit que j’avais besoin d’aller aux toilettes et il me répondit qu’il fallait mieux que je patiente car il pensait que je ne souhaiterais pas aller dans les toilettes réservées aux Noirs car elles étaient souvent sales et que c’était inacceptable. Il m’a alors dit : Si tu peux attendre, tu pourras venir chez moi et utiliser ses propres toilettes. Cela m’a vraiment surpris. Il m’a présenté son fils Jon Jon avec qui je suis encore ami aujourd’hui. Reg a vraiment été très gentil avec moi. Il m’a invité dans sa maison pendant une semaine. Il m’a même emmené à l’un de ses restaurants préférés en ville. Alors que j’entrais dans le restaurant, je me souviens des personnes qui me regardaient, vous savez Reg était très connu déjà à cette époque en Afrique du Sud en raison de ses films. Il y avait des Noirs qui regardaient par les vitres et qui étaient totalement abasourdi de me voir assis là avec Reg ! Cela vous montre le caractère de Reg, fait de gentillesse, d’amour et d’attention pour les autres.

 

LEXNEWS : “ C’était également très courageux de sa part d’agir ainsi ?”

 

Bill GRANT : “ Tout à fait, ce sont même les mots que j’ai utilisé dans mon hommage à sa mémoire dans un article rédigé pour IronAge. C’était un grand homme et il venait toujours à la compétition Arnold Classic. Il prenait l’avion chaque année pour y venir. J’ai été invité à sa table avec son fils lors de cette compétition il y a quelques années, et je me souviens avoir passé des moments formidables. Il était tout ce que j’avais admiré lorsque je l’avais découvert dans les magazines. Lorsque vous le connaissiez réellement, vous vous rendiez compte que tout cela était vrai. Je suis persuadé que c’est une grande perte pour le bodybuilding et nous avons perdu un grand bodybuilder. Il aimait réellement le sport et il était un grand porte-parole de notre propre sport. Les Noirs venaient s’entraîner dans sa propre salle sans que cela le dérange. C’était en effet une grande preuve de courage parce que cela aurait pu avoir des conséquences fâcheuses sur ses affaires et dans sa vie à cette époque. Un chic type ! »

 

LEXNEWS: “ Vous faites partie de l’âge d’or du bodybuilding. Quels sont vos souvenirs de cette époque et quelle différence faites vous avec aujourd’hui ? »

 

Bill GRANT : “ Premièrement, ce dont je me souviens le plus, c’est lorsque j’ai remporté le titre de Mr America en 1972 et que j’ai battu Lou Ferrigno lors de cet évènement. En 1974, j’ai également remporté le titre de Mr World au Madison Square Garden. C’était également un grand évènement car tous les copains du Gold’s Gym s’entraînaient pour cela : Arnold remporta le titre de Mr Olympia, de même que Franco. Mon troisième souvenir important remonte à il y a quelques années lorsque j’ai reçu le Muscle Beach Hall of Fame et cette année j’ai également reçu le Muscle Walk of Fame Award. C’est un peu la même chose que le Walk of Fame d’Hollywood. C’est vraiment magnifique de voir tous vos titres inscrits dans le sol et d’être ainsi gravé pour toujours dans la mémoire du bodybuilding. Je crois que c’est ce qui pouvait arriver de plus beau pour moi dans ma carrière. Je suis très heureux de cela.

La deuxième partie de votre question est plus difficile car j’aime toujours autant le bodybuilding aujourd’hui et je n’aime pas donner des leçons et être un moralisateur. Mais il me semble qu’à mon époque, il y avait un peu plus de respect et d’honneur. Les gens pouvaient regarder et admirer les bodybuilders à la télévision, dans les magazines et dans certains films comme « Pumping Iron ». Cela permettait une bonne image de la discipline dans le monde entier. Lorsque vous alliez en Europe, vous aviez des milliers de fans qui venaient assister aux manifestations de bodybuilding. C’est toujours un grand sport aujourd’hui mais un bon physique exige de la symétrie, de la muscularité, une attirance,… A l’époque, quand les gens nous regardaient, nous étions pour eux comme des statues et cela les inspirait réellement. Aujourd’hui, la première chose que vous entendez des personnes venant assister à ces manifestations est combien de drogues prenez vous pour avoir cette apparence ? C’est très frustrant car cela nous ramène loin en arrière et ce n’est pas un progrès. Une nouvelle fois, j’adore tous ces gars mais je crois que nous devons réellement rebrousser chemin et repartir où nous étions. Ce n’est pas que je sois jaloux ou envieux du développement atteint par les gars aujourd’hui mais je crois que nous devons revenir à la symétrie, à une esthétique qui pourrait inspirer le public qui peut s’identifier à cela. Les gens sont aujourd’hui terrifiés par l’apparence des bodybuilders contemporains. Je ne sais pas ce qui va nous permettre ce retour en arrière mais ce sera une démarche certainement très lente. »

 

LEXNEWS : “ Selon vous, le problème vient de l’argent, du business et des drogues comme les stéroïdes ?”

 

Bill GRANT : “ Exactement, comme dans les autres sports. Nous devons satisfaire les fans et les fans en veulent plus. Quand vous jouez au football, le public veut plus de buts, des moments plus spectaculaires, c’est la même chose au basket, au baseball,… C’est toujours très dur de faire mieux en sport en évitant les excès. Les médias ne cessent de vous inciter à devenir plus gros, de voir plus de masse… C’est impossible de faire cela de manière régulière, vous devez alors prendre la voie des produits chimiques. Ainsi nous ne pouvons pas condamner les bodybuilders directement, nous devons plus tôt nous sentir tous responsables de cette situation parce que nous voulons toujours plus. Je pense une nouvelle fois qu’il faut repartir en arrière et reprendre un bon départ à partir de là ».

 

 

 

 

LEXNEWS : “ Pensez-vous que cela soit possible de faire sans l’aide des stéroïdes, de dire stop aux drogues ? »

 

Bill GRANT : “ Ecoutez, j’ai vu un grand nombre de bodybuilders naturels qui avaient un look fantastique. Mais je crois que le réel problème est que nous sommes tellement habitués à  voir ces bodybuilders énormes que cela sera difficile de revenir en arrière. Aux Jeux Olympiques, il y a énormément de contrôles antidopages, mais nous savons bien qu’il y a toujours un grand nombre de nouvelles drogues qui ne sont pas détectées par ces tests. Il est impossible de faire le grand nettoyage mais il est possible dans notre sport de revenir à cette époque où nous avions une taille fine, de larges épaules et que nous avions l’air de statues avec de belles lignes. Aujourd’hui les gars ont une taille épaisse, volumineuse et cela n’offre pas un physique agréable à regarder pour la plupart des gens. Bien entendu, j’entends souvent les jeunes aimer voir ces athlètes être en compétition sur scène mais je les entends souvent dire aussi : je n’aimerais pas leur ressembler ! Je ne sais réellement pas ce qui pourrait être fait aujourd’hui. Je pense qu’il faut initier un mouvement reposant sur l’idée de santé des athlètes. Nous entendons de plus en plus souvent le décès de jeunes bodybuilders en raison de leur utilisation de drogues de toutes sortes et cela n’est vraiment pas une bonne chose pour le sport, c’est très effrayant. »

 

 

LEXNEWS : “On entend souvent dans les salles des jeunes dire qu’ils ont besoin de prendre ces stéroïdes car il n’est pas possible de faire autrement. »

 

Bill GRANT : “Je sais, c’est une attitude mentale qui n’est pas bonne. Les jeunes qui ont 14 ou 15 ans me disent souvent qu’ils ont besoin de prendre des stéroïdes. Je leur réponds qu’ils doivent laisser leur corps faire le travail et leur permettre de se construire. A cet âge, leur corps n’a pas besoin de ces drogues et le problème est que lorsqu’ils commencent à en prendre, cela a pour effet de stopper leur métabolisme et leur propre corps ne produit plus des hormones naturelles ce qui est absolument dangereux. Je crois que la meilleure chose à faire, et je répète tout le temps cela, c’est l’éducation. Il faut leur dire ce qui va arriver avec l’emploi de ces stéroïdes. Je crois que les anciens bodybuilders ne doivent pas avoir peur de dire : nous avons tous pris ces stéroïdes et nous pouvons vous dire combien elles sont mauvaises et ce qu’elles vont vous faire comme mal si vous les utilisez. Si c’était à refaire, nous aurions préféré ne jamais en prendre. C’est cela que l’on doit se poser comme question : le risque en vaut-il la peine ? Je ne crois pas et je suis persuadé que nous avons une grande responsabilité en tant que grand athlète de témoigner en ce sens. Les jeunes nous écouteront peut-être ! Les magazines sont très puissants et ont un important impact sur ce qui se passe. Je crois ainsi que tous les magazines doivent écrire ensembles sur les stéroïdes et expliquer pour quelles raisons il faut s’en préserver. Nous devons parler aux docteurs, aux athlètes qui y ont eu recours. Je ne peux pas dire à quelqu’un de ne pas en prendre mais je peux lui dire ce qui peut lui arriver s’il en prend. Ce sera alors son choix.»

 

LEXNEWS: “Vous êtes réputé pour votre physique parfaitement équilibré. Comment cela est-il possible d’avoir soi-même une image claire de son propre équilibre ? Il y a-t-il une taille standard classique pour chaque partie du corps comme l’entendait à son époque Steve Reeves ? »

 

Bill GRANT : “Steve Reeves avait en effet un physique parfait. Je crois qu’un physique doit être très équilibré avec chaque partie du corps en symétrie avec les autres et Steve Reeves avait en effet un standard sur la façon dont cela devait être et il avait atteint cette perfection. C’était quelqu’un qui dès qu’une personne le regardait, homme ou femme, s’écriait immédiatement « waouh ! ». C’est ce à quoi j’aime ressembler. Il reste toujours le modèle de ce à quoi un bodybuilder doit avoir l’air. Bien entendu, aujourd’hui, le standard a augmenté en raison de la nourriture qui est meilleure, des progrès de la science mais le corps ne peut pas être plus symétrique que le sien. Il y a également un autre athlète qui a cette symétrie parfaite, il s’appelait Bob Paris. Il avait un look parfait, ce genre de look qui est apprécié du public. C’est en effet pour lui une apparence qui reste raisonnable et qu’il est possible d’espérer atteindre. Je crois que c’est le standard que l’on peut avoir pour démarrer. Il y a également un nouveau venu, Dennis Wolff, qui entre sur la scène du bodybuilding professionnel. Il a ce genre de physique. Il est bien entendu bien plus gros que les personnes dont nous venons de parler mais il a conservé une taille très fine, de belles lignes et une bonne symétrie. Il n’est pas trop volumineux et il a une bonne allure à notre époque. Je pense que c’est le type de bodybuilder que l’on peut garder à l’esprit. Je crois réellement que Denis Wolff sera Mr Olympia. »

 

 

LEXNEWS : “Nous savons que vous êtes trop modeste pour le dire mais vous aviez un physique très esthétique et symétrique avec une taille particulièrement fine ! Comment aviez vous cette représentation de votre propre physique ? »

 

Bill GRANT : “Arnold a dit un jour : une bonne génétique est toujours le critère qui vient en premier. Quand j’ai commencé pour la première fois, j’étais très maigre mais j’avais une bonne charpente et une bonne génétique, j’ai juste construit sur cette base. C’était la même chose pour Frank Zane, il avait une excellente génétique. Il n’était pas énorme mais il avait un corps dont toutes les parties allaient parfaitement ensembles. Il n’avait pas d’énormes pectoraux ou des bras gigantesques mais il avait « juste » une symétrie parfaite de son corps. Je crois que vous devez travailler dans le cadre de votre génétique, je veux dire par là avec ce que vous avez. Nous voulons tous ressembler à quelqu’un que nous admirons et trop souvent cela n’arrive pas parce que l’on oublie ce dont on a hérité. Je crois qu’il est donc important de travailler avec ce que l’on a et de rechercher le physique le plus symétrique possible. Gardez à l’esprit une belle ligne de base qui vous permette de ressembler à une statue, c’est cela que je me suis efforcé de poursuivre quand j’ai débuté et par bonheur, j’y suis arrivé. »

 

LEXNEWS : “Avez vous pour cela suivi le standard classique élaboré par Steve Reeves dans le passé ?”

 

Bill GRANT : “Oui, les lignes du corps doivent être symétriques. Le cou doit être symétrique, la taille,… Oui je crois en cette approche et un grand nombre de gars à mon époque voulaient réaliser cela et je crois que nombre d’entre eux y sont parvenus. Je crois qu’Arnold avait cette approche, de même que Frank Zane, Serge Nubret, nous recherchions tous cela. Steve Reeves était le modèle absolu de nous tous, en fait entre lui et Reg Park. Bien entendu, nous étions un peu plus gros et musclés que Steve Reeves ne l’était mais nous avions le même look alors qu’aujourd’hui tout cela est à l’eau. Mais je crois que nous parviendrons un jour à remédier à cela mais ce sera un long processus. Je souhaite que chacun dans ce sport réalisera que l’abus de ces drogues est vraiment néfaste et dangereux à la fin. Je peux en parler ainsi car je m’en suis servi moi-même. Je peux parler en connaissance de cause de la direction où nous allons. Ce n’est plus une approche saine du sport comme ce fut le cas. »

 

LEXNEWS: “Vous êtes très concerné par la nutrition aujourd’hui avec votre société Bill Grant Nutrition. Pouvez vous expliquer à nos lecteurs l’importance d’une diététique équilibrée et comment il est possible d’aborder ce thème de la diététique qui semble souvent complexe ? »

 

Bill GRANT : “C’est une bonne question parce que la nutrition est réellement la clé. Si vous n’avez pas la bonne nutrition, rien ne pourra se produire. Vous devez savoir exactement ce que vous voulez faire de votre corps et vous devez suivre une diététique en conséquence. Un grand nombre de personnes estiment que si vous vous affamez, vous allez perdre du poids mais c’est seulement le contraire qui se passe ! Si vous ne mangez pas, votre corps va envoyer un message : stockez les graisses et brûlez les protéines, en l’espèce les muscles ! La seule manière d’agir est de faire en sorte que le corps brûle les graisses, et cela paraît toujours bizarre lorsque je dis cela mais il faut prendre plus de petits repas dans la journée. Les gens disent : quoi ? en me regardant comme si j’avais deux têtes ! Vous devez tromper votre corps d’autant plus que c’est un organisme complexe, ce n’est pas une simple machine. C’est incroyable ce qu’il peut endurer, combien de stress vous pouvez lui faire supporter et il récupère malgré tout. Il faut avoir une bonne diététique équilibrée composée de protéines, de glucides,… Il ne faut pas exagérer sur les protéines. Il y a des années, on nous disait que nous avions besoin de 200 ou 300 gr de protéines par jour. Je me souviens que Bill Pearl estimait à l’époque que 175 gr suffisaient et je pensais qu’il était devenu fou et que ce n’était pas assez. Il avait raison, et si vous prenez trop de protéines, votre corps ne pourra pas les assimiler et ce qui ne sera pas utilisé sera stocké dans votre foie et transformé en graisses. Encore une fois, à l’image de l’équilibre du corps, tout doit être équilibré dans une diététique. C’est la même chose quand aux suppléments. Nous savons tous qu’il y a un grand nombre de suppléments sur le marché aujourd’hui. Nombre d’entre eux ne sont pas très bons voire même pas bons du tout. Certains suppléments sont importants parce que la façon dont les aliments sont conditionnés, la manière dont ils poussent dans de mauvais sols font qu’ils ne sont pas d’aussi bonne qualité qu’autrefois. Si vous tenez compte en plus de tous les produits chimiques qu’ils administrent aux animaux… Vous savez c’est toujours quelque chose qui me surprend : on dit que les stéroïdes sont illégales pour les humains et que vous ne devez pas en prendre mais on en donne aux animaux que nous allons manger ! C’est quelque chose que je n’arrive pas à comprendre… »

 

 

LEXNEWS : “Prenez vous de la nourriture biologique ? »

 

Bill GRANT : “J’essaye de prendre de la nourriture biologique quand je le peux car toute la nourriture que nous mangeons aujourd’hui sont des calories vides. C’est pourquoi je pense qu’une bonne supplémentation est importante, surtout pour les personnes qui ont un emploi du temps très chargé. Vous n’avez pas besoin de 50 suppléments mais vous devez prendre des protéines, des minéraux, de la vitamine B12 car cela permet de transformer la nourriture en énergie, des acides aminés car le corps en absorbent 70% grâce à eux et seulement 30 ou 40% sans. Il est donc très important d’avoir une bonne supplémentation et c’est pourquoi j’ai créé un produit qui s’appelle « Creatine Cocktail ». Ce n’est pas un produit miracle qui vous promet d’être énorme en deux mois. Je ne fais pas ce genre d’offres avec mes produits ! La récupération est également très importante afin de bâtir votre corps. Si vous ne récupérez pas assez, vous n’allez non seulement pas faire de progrès mais vous allez vous blesser. C’est vraiment une approche scientifique et si vous n’avez pas cela en tête, rien de ce que vous espérez gagner ne se réalisera. Certaines personnes ont une génétique telle qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent, manger à leur guise, et ils parviendront tout de même à progresser. Mais la plupart des personnes ne sont pas ainsi. Vous devez prendre cela de manière très scientifique. Vous devez étudier, lire et savoir ce qui est bon pour vous. Un grand nombre de personnes prennent des choses seulement parce qu’ils l’ont lu mais je leur recommande de vérifier qu’il y a bien eu des recherches sérieuses sur ces produits. Chaque élément dans mes produits a fait l’objet de recherches et tous les éléments fonctionnent ensembles en synergie. »

 

LEXNEWS: “Vous venez d’aborder le thème de la récupération. Quelles sont les erreurs les plus courantes que vous voyez dans une salle et combien de fois par semaine est-il souhaitable de nous nous entraîner ? »

 

Bill GRANT : “ C’est également une question importante et j’insiste toujours sur ce point. Autrefois, quand je m’entraînais pour la compétition, je faisais un maximum de quatre séances par semaine. Cela me correspondait mais chaque individu a une période de récupération spécifique. Arnold était dans une toute autre situation : il pouvait s’entraîner six jours par semaine et ce deux fois par jour ! Je ne pouvais pas récupérer d’un tel entraînement. J’ai essayé cette façon pendant une semaine et j’ai perdu immédiatement plus de 2 kg cette même semaine… Mon corps ne pouvait pas tout simplement récupérer d’une telle intensité. Je suis revenu à mes 4 séances par semaine. Je m’entraîne les lundi, mardi, jeudi et vendredi et je garde 3 jours de repos. Mon corps réagit parfaitement à cela. Il y a également des différences à noter. Quand vous êtes jeune, vous êtes capable de récupérer très rapidement. Voici, en effet, également une chose importante à noter : quand vous prenez de l’âge, mettons après 40 ans, le corps ne va pas récupérer aussi vite qu’auparavant quoique vous preniez. Aussi faut-il faire moins de séances par semaine. Aujourd’hui, je fais deux séances par semaine ; je fais le haut du corps une séance, et le bas l’autre séance. Fondamentalement, j’ai besoin seulement d’un jour et le reste est consacré à la récupération et vous pouvez continuer à avoir des gains ainsi. Les blessures arrivent la plupart du temps lorsque nous nous entraînons comme nous le faisions quand nous avions 20 ans, il ne faut vraiment pas faire cela ! Il faut ainsi modifier son entraînement, alléger et savoir que moins va produire mieux. Et depuis que je suis ces deux séances par semaine, je me sens bien avec cet entraînement. Donc pour des hommes ayant la quarantaine, je n’irai pas au—delà de 3 séances par semaine. Vous savez les gens sont très surpris par mon look avec mes deux seules séances par semaine, vous pouvez regarder mes photos sur mon site : j’ai 61 ans ! Mes suppléments m’aident également, j’utilise toujours pour moi-même les produits que je vends. Je ne pourrai jamais vendre des produits que je n’oserai pas donner à mon enfant. »

 

LEXNEWS: “Quels sont vos conseils pour une partie du corps qui résiste à l’entraînement et ne veut pas se développer ?”

 

Bill GRANT : “ Nous avons tous des parties du corps en retrait. En fait, dans cette situation, il faut moins entraîner les parties du corps en avance sur les autres et à l’inverse donner un peu plus à ces muscles qui sont en retard. Mettons que vos pectoraux ne soient pas comme vous le souhaitiez. Dans ce cas, entraînez plus ces pecs et moins le dos et les épaules. Il ne faut pas interrompre ces autres groupes musculaires mais simplement lever le pied de façon à ce que les pectoraux puissent rattraper le retard et après cela, vous pouvez reprendre votre entraînement normal. J’avais un gros problème par le passé car mes bras se développaient si rapidement qu’ils continuaient à prendre même lorsque je faisais des tractions à la barre fixe (chins) ! J’ai alors stoppé tout entraînement direct des bras jusqu’à ce que le retard soit rattrapé et cela a marché. Souvenez vous, la plupart des groupes musculaires, surtout les épaules et les bras, sont impliqués dans les séances où l’on fait des soulevés notamment dans le développé couché et dans les mouvements de développé pour les épaules. Les triceps sont toujours sollicités dans ces exercices. A l’inverse, dés que vous faites des tractions vers votre corps, tirage vertical ou horizontal, vos biceps travaillent directement. C’est pour cette raison que la plupart des personnes ont du mal à développer leurs bras parce qu’ils les surentraînent. En fait, n’oubliez pas qu’il est très facile de faire du surentraînement ! Il est plus difficile de se sous-entraîner. Il faut faire très attention à cela. Prenons un exemple : je fais actuellement pour mes bras 9 à 10 séries. Je choisis 2 à 3 exercices pour les biceps et pour les triceps et fais 2 séries pour chaque. Je les entraîne en superset (une série de biceps enchaînée sans pause par une série de triceps suivi d’un repos et ainsi de suite. Ndlr) et ça, c’est vraiment le point important. J’entraîne ainsi ces muscles ensembles. Et chaque personne suivant ces conseils me dit toujours :  waouh, mes bras se développent ! Ce sont pour ces raisons que j’ai développé mes vidéos sur mon site web ainsi qu’un DVD. C’est ce que j’appelle l’entraînement de la vieille école. Les vidéos d’aujourd’hui ne sont pas instructives, vous ne voyez que des personnes s’entraîner. C’est bien de regarder une personne s’entraîner mais qu’est ce que cela va m’apporter s’il n’y a pas d’explications ? Vous devez expliquer ce qu’il faut faire et pourquoi il faut faire ainsi, c’est pour cela que je donne beaucoup d’explications dans mes vidéos. C’est ainsi que je vais continuer à pratiquer : je vais développer plus de vidéos du fait parce que j’adore ce sport qu’est le bodybuilding et parce que j’aime aussi beaucoup aider les autres. C’est vraiment très agréable de voir quelqu’un atteindre ses objectifs grâce à vos connaissances. L’entraînement personnel est une grande tâche, je me sens comme un sculpteur, à l’image de Léonard de Vinci, sculptant un physique. J’adore parler de mon sport et de ma passion ! »

 

LEXNEWS : “Merci beaucoup Bill Grant, votre passion vous habite en effet ! Elle devrait inspirer tous nos lecteurs qui découvriront à n'en pas douter ce beau témoignage de sincérité et de générosité.

 

 

 

Old School Training Series – Bill Grant, Mr. World – Mr. America, “Total Body Training” DVD, Bill Grant Nutrition, 2008.  www.billgrant.net

 

 

 

 

Voici enfin réunis tous les conseils du grand champion et athlète à la ligne extraordinaire. A 61 ans, Bill Grant affiche un physique époustouflant à faire pâlir d’envie un jeune homme de 20 ans ! Ces résultats sont le fruit d’une réflexion de plus de 40 ans acquise par l’expérience de la haute compétition. Bill n’est pas avare de son savoir et cela s’entend ! Il prodigue tout au long du DVD de nombreux conseils sur la façon de s’entraîner, les stratégies gagnantes et les pièges à éviter. A l’inverse de nombreux DVD d’entraînement, Bill est aux commandes. A 61 ans, il démontre lui-même les exercices et au regard des charges utilisées, ce n’est pas du cinéma… Avec une approche pleine de bon sens alliée à un humour particulièrement communicatif, Bill Grant démontre qu’il est toujours possible de développer un excellent physique quel que soit son âge. Plusieurs programmes sont proposés en détail avec la liste des exercices, la manière de les réaliser, le nombre de séries et le nombre de séances par semaine.

Bref, avec ce coach exceptionnel qui vous rappelle à l’ordre à l’occasion dans ses vidéos, il ne sera plus question de trouver une excuse pour ne pas s’entraîner ou se sur-entraîner !

 

(en langue anglaise parfaitement compréhensible, les vidéos pouvant même être regardées pour elles-mêmes en raison de leur clarté).

 

Extraits vidéo :

MPEG (5.8 MB) © BILL GRANT NUTRITION

 

 

 

www.billgrant.net

 

 

 

 

HOMMAGE REG PARK

LEXNEWS a la tristesse d'annoncer la disparition (22 novembre 2007) du grand champion Reg PARK. Notre Revue et ses lecteurs s'associent à la famille de Reg (Mareon, Jeunesse, Jon Jon, Frik, Michelle, Jhana, Kaya, Tamarac, Travis, Trent, Savanah, Johnny, Bonny, Taryn, Nicole, Chelsea, Kyle, Douw et Garth) pour partager ces instants de tristesse. Nous avions eu le plaisir et l'honneur de l'interviewer il y a trois ans, époque où il continuait à faire partager sa passion autour de lui. C'est un grand nom non seulement du bodybuilding qui disparaît mais également une icône de l'âge d'or du péplum ayant inspiré des générations de sportifs pour la musculation. Pour rendre hommage à sa mémoire, nous redonnons l'interview qu'il avait accordée à nos lecteurs ainsi que les témoignages de ses proches, Jeunesse, sa fille et Kaya, son petit-fils. (A venir dans une prochaine édition : l'interview de Jon Jon, son fils).

Reg et son épouse Mareon

 

BIOGRAPHIE : 

Reg Park a démarré très tôt une carrière sportive. Il fit partie de l’équipe de football Leeds United pendant plusieurs années jusqu’à se consacrer dés 1946 à la passion principale de sa vie : le bodybuilding. Il se plaça alors juste derrière le vainqueur de l’année, Steve Reeves, pour le titre de Mr Univers en 1950. Il remporta ce titre de Mr Univers l’année suivante en 1951, puis en 1958 et en 1965, et continuera la compétition jusqu’en 1973 donnant ainsi un bel exemple de longévité sportive !

Reg Park était aussi fort que son corps était développé, il fut en effet le premier bodybuilder à atteindre 500 lbs au développé couché. Après s’être marié avec Mareon native d’Afrique du Sud en 1952 à Johannesburg, la famille Park s’installa définitivement en Afrique du Sud où Reg développa une chaîne de salles de fitness. Dés décembre 1960, il fut invité à Rome pour jouer le rôle d’Hercule dans deux péplums, Ercole alla conquista di Atlantide(1961) suivi immédiatement de Ercole al centro della terra (1961). En raison de la notoriété des réalisateurs de ces deux films, Vittorio Cottafavi et Mario Bava, Reg Park devint très rapidement l’acteur incontournable des films épiques, réputation qui n’a pas cessé depuis. Il tournera encore trois autres péplums dont Maciste nelle miniere di re Salomone (1964) qui fut tourné en Afrique du Sud. Après sa carrière filmographique, Reg Park continua à se consacrer à la musculation et au coaching en entraînant de nombreuses personnes sur un plan professionnel (il sera la grande source d’inspiration d’Arnold Schwarzenegger)  ou privé jusqu’à ses derniers jours.

 

 

Interview Jeunesse et Kaya Park, samedi 9 février 2008  (Sandown, Afrique du Sud)

 

 

LEXNEWS : « Quels étaient les souvenirs de Reg quant à sa jeunesse ? »

 

Jeunesse Park :  « Reg avait une mémoire incroyable et il se souvenait quasiment de tout de sa vie. Alors qu’il était très jeune, la situation économique était très dure au nord de l’Angleterre lieu où il vivait. Lors de la grande crise de 1929 qui toucha le monde entier, ses parents ne pouvaient pas le garder avec eux pour l’élever, il devait avoir 4 ou 5 ans. Alors qu’il était né à Leeds dans le Yorkshire, Il a été envoyé chez son grand-père dans une toute petite ville minière. Cela a été le début d’une relation très profonde avec son grand-père et sa grand-mère. Il appelait d’ailleurs son grand-père « petit père ». Son grand-père était un mineur et était très pauvre. Mais ce fut son grand-père qui a eu l’influence la plus grande dans son éveil au sport et rapidement dans cet amour des activités sportives. Il se souvenait que sur le mur de la maison de son grand-père, il y avait une peinture d’un dieu grec avec un corps parfait et il se rappelait que très jeune alors, il avait réalisé en voyant cette peinture qu’il aurait lui-même un jour un corps comme celui-là. Ses premières années avec son grand-père ont eu ainsi une importance essentielle sur sa vie et il vouait un amour si fort pour lui qu’il parla de lui jusqu’à ses derniers jours. Il était convaincu avec raison que son grand-père avait été essentiel dans ce qu’il était devenu. »

 

LEXNEWS :  “Quel élément a été le plus déterminant pour consacrer toute sa vie au bodybuilding et à la santé ?”

 

Jeunesse Park :  «Je pense que cette énergie dédiée au sport lui vient justement de ses premières années que nous venons d’évoquer car il a été un très bon sportif très tôt dans sa jeunesse. Il a été en effet très tôt un athlète complet et un joueur talentueux de football. Lorsqu’il a été appelé sous les drapeaux, aux alentours de ses 18 ans, il a été envoyé en Malaisie pour y avoir la fonction de responsable de l’éducation physique des militaires.

Parallèlement, Reg avait découvert John Grimek qui a été une source d’inspiration très importante dans sa carrière de bodybuilding. Je crois que c’est lui ainsi que Steve Reeves qui l’ont littéralement inspiré à dévouer sa vie au bodybuilding. Reg a toujours été le type d’homme à vouloir être le meilleur de ce qu’il pouvait être. Quand il a décidé de faire du bodybuilding sa vie, il est resté totalement concentré sur cette tâche jusqu’à ses derniers jours. En fait Reg était du genre à ne jamais lâcher ce qu’il avait entrepris, il était réputé pour cette détermination incroyable. Le corps incroyable qu’il a construit naturellement est dû entièrement à cette détermination et cette concentration. »

 

 

LEXNEWS :  « Pensez vous que cette détermination infaillible lui venait de ses premières années difficiles que vous évoquiez ? »

 

Jeunesse Park :  «C’est difficile à dire mais je sais que Reg avait entrepris l’écriture d’un livre autobiographique dans lequel il raconte en effet ces années difficiles où il aidait ses grands-parents à traire les vaches, à faire le potager,… Il travaillait très dur pour son âge car il avait conscience de la situation difficile dans laquelle il vivait. Je pense qu’en effet cette situation a certainement dû avoir une influence dans cette détermination d’être le meilleur dans ce qu’il entreprendrait. Je ne sais pas si c’est quelque chose avec laquelle on naît ou bien si c’est un trait de caractère qui vient avec les années mais je sais que très tôt il a eu ce caractère. »

 

LEXNEWS : “Reg est réputé pour son incroyable compassion et fidélité en amitiés. Quel souvenir avez-vous de ces qualités ? »

 

Jeunesse Park :  «Tout le monde le voyait dans les premières années de sa célébrité comme un homme au sommet de sa gloire et de sa discipline. Mais nous, ses enfants, l’avons connu avant tout comme un père extraordinaire malgré cette célébrité. Alors même qu’il était très occupé par toutes ses activités, sa famille venait toujours en premier, c’était la chose la plus importante dans sa vie. C’était même plus important que sa passion de toujours le bodybuilding ! Il a été également un grand-père très aimé »

 

Kaya Park : « Je suis tout à fait d’accord avec cela ! Il y a eu récemment après sa disparition un hommage à sa mémoire à Los Angeles organisé par Arnold Schwarzenegger. Toutes les célébrités présentes dans cette manifestation ont pu témoigner que Reg était quelqu’un de très humble et de disponible pour ses amis. Il ne faisait aucune distinction de race, de religion, sexe,… Pour Reg, un homme est un homme et il traitait chacun sur le même plan. »

 

Jeunesse Park :  «Nous avons grandi avec beaucoup de personnes venant dans notre maison en Afrique du Sud. Des personnes comme Arnold Schwarzenegger, Larry Scott, Bill Pearl, Bill Grant, Chris Dickerson et bien d’autres encore restaient vivre avec nous pendant quelques temps. Reg s’est en effet très vite démarqué de l’apartheid en organisant des shows de bodybuilding à Soweto. Je crois que sa compassion et sa sympathie pour les autres étaient sans limites. Nous sommes d’ailleurs toujours étonnés de voir tous ces témoignages qui s’ajoutent jour après jour sur le site web de Reg et qui tous témoignent de cela, que cela vienne de personnes qui étaient très proches de lui ou même de personnes qui ne l’avaient même pas rencontré ! Il inspirait visiblement en retour beaucoup d’humanité et de compassion chez les gens. Je pense qu’il était un vrai héros pour beaucoup. Alors même qu’il était très âgé et proche de sa fin, un grand nombre de personnes venait lui rendre visite. Il ne parlait pas alors de lui mais posait toujours des questions sur leur famille, sur leur vie et leurs affaires, toujours dans cet esprit d’empathie dont nous parlions tout à l’heure. Par contre il était sans pitié pour les personnes qui venaient le voir exclusivement par intérêt. Et d’ailleurs quand il n’aimait pas quelqu’un, cette personne le savait très rapidement. C’était sa manière directe de relations franches avec les autres. Je me souviens d’une personne dans la salle de sport qui lui avait dit un jour « Pour quelles raisons tu accueilles tout le monde chaleureusement mais pas en ce qui me concerne ? » et Reg lui tourna le dos et lui fit cette réponse : « Non, je ne t’apprécie pas ! » Il était comme cela… Il savait très bien à qui il avait à faire. »

 

Reg et sa fille Jeunesse

 

LEXNEWS: “A quoi Reg occupait son temps en dehors du bodybuilding et de la forme ?”

 

Kaya Park : «Reg avait une grande passion pour tous les sports et toutes les activités physiques. Quand il était jeune, il jouait pour l’équipe de football de Leeds United . Chaque week-end, il appréciait de regarder les matchs quelque soit l’équipe. Il adorait également l’athlétisme, le rugby,… Je crois qu’il appréciait dans toutes ces disciplines le challenge que représentait le sport en général. Je crois que cette passion qu’il avait pour les sports était cette même passion qu’il avait pour la vie en tant que telle. Reg était du genre à regarder par la fenêtre et à admirer la beauté que la nature lui présentait de son propre jardin. »

 

Jeunesse Park :  «Je peux en effet témoigner que Reg passait beaucoup de temps avec Kaya à regarder des matchs à la télévision. Il connaissait par cœur les noms des joueurs quelque soit le sport. Reg aimait également la bonne cuisine, ma mère, Mareon, est une très bonne cuisinière ! Il adorait également la musique, Frank Sinatra, Tony Bennett, Nat King Cole,… »

 

Kaya Park : «Oui, c’est vrai et il adorait également chanter. Il avait une voix bien particulière et c’était une joie que de l’écouter chanter dans nos repas de famille. Cette voix était si unique que cela nous touchait toujours droit au cœur que de l’écouter ainsi réunis en famille. C’étaient des instants précieux… »

 

Jeunesse Park :  «Il avait en effet également l'habitude de chanter pour ma mère chaque soirée. »

 

Kaya Park : «Je me souviens d’une nuit, il devait 2 ou 3 heures du matin et je révisais mes examens. J’ai entendu Reg et Mareon parler alors qu’ils étaient mariés depuis plus de 50 ans, on aurait dit de jeunes amoureux ! C’était surprenant de voir qu’ils avaient l’habitude chaque nuit de parler ainsi aussi longtemps et avec une telle complicité. Il l’adorait et de manière générale Reg était quelqu’un rempli d’amour pour les autres. Je crois que c’est la raison pour laquelle nous avons tous été tant touchés par sa disparition. »

 

 

 

Reg et Mareon à Hawaï

 

 

 

LEXNEWS : “Quelle était la journée type de Reg ? »

 

Kaya Park : « Pendant la semaine, il se levait entre 4h30 et 5 heures du matin, il allait très tôt à la salle pour entraîner ses clients, il rentrait vers les 8h à la maison et prenait son petit-déjeuner que Mareon lui avait déjà préparé puis repartait à la salle jusqu’à midi. Il revenait déjeuner à la maison et passait le début de l’après-midi avec Mareon jusqu’à 3 heures. Il profitait également de cette période pour écrire ces leçons d’entraînement et à 15 heures il retournait à la salle entraîner ses clients jusqu’au début de la soirée. Il dînait à la maison et regardait souvent le sport à la télévision lorsqu’il ne rédigeait pas d’autres papiers pour la salle. Vous savez Reg était quelqu’un de si animé par ce qu’il faisait que pour lui ce n’était pas du travail. »

 

Jeunesse Park :  «Il m’a souvent avoué que lorsqu’il entraînait les autres ou lui-même pendant de si longues heures c’était pour lui comme une méditation. C’est quelque chose de très important que j’ai appris de lui : vivre pleinement chaque instant de sa vie, ne pas se tracasser du passé et de ne pas se soucier trop du futur. Pour lui, le plus important était d’être sûr d’apprécier chaque instant de la vie. Il était très positif au quotidien. Si l’on venait le voir en parlant de choses négatives, il tournait souvent les choses en faisant remarquer combien la journée était belle. Il insistait toujours sur l’aspect positif des choses même lorsqu’il a été très malade dans ses dernières semaines. »

 

 

LEXNEWS : “ Vous souvenez vous de sa carrière d’acteur et quels étaient ses sentiments à ce sujet ? »

 

Jeunesse Park :  « Je devais avoir 5 ou 6 ans lorsqu’il a débuté sa carrière d’acteur. Je m’en souviens bien car il avait l’habitude de m’emmener avec lui sur les plateaux où se déroulaient les scènes à Cinnecita en Italie. Je crois que cela a été une période très joyeuse dans sa vie car il adorait l’Italie et la nourriture italienne ! Il appréciait beaucoup de travailler dans ce domaine même si cela n’a pas été une activité qui a pris une grande place dans sa carrière sur le long terme. Je dois vous avouer que nous n’avons même pas de copies de ses films à la maison. Il y a encore quelques affiches que des personnes lui ont donné au cours des années mais Reg était de manière général très discret à son égard, il parlait d’ailleurs rarement de son propre physique qui était pourtant exceptionnel. Je crois qu’il a beaucoup aimé cette expérience, il avait beaucoup apprécié la culture italienne, il avait même fait l’apprentissage de la langue de ce pays qu’il a parlé régulièrement jusqu’à ses derniers jours, mais je crois que ce n’était pas quelque chose qui avait autant d’importance que sa passion pour la pratique physique. Cela lui a permis de gagner beaucoup d’argent et d’ouvrir ses salles de sports en Afrique du Sud. Je crois qu’il n’a jamais réalisé combien il pouvait être célèbre. Il savait qu’il était connu mais il n’y prêtait pas attention. Lorsqu’il est tombé malade et que les courriers n’ont pas cessé d’affluer chaque jour, nous avions l’habitude de les lui lire et il a en pleuré car il n’avait pas encore réalisé à ce point combien il pouvait être dans le souvenir des gens. Il s’interrogeait souvent en disant « comment se fait-il que toutes ces personnes se souviennent de moi ? ». Il ne savait pas combien de personnes avaient pu profiter de son exemple, nous nous en rendons compte seulement maintenant avec tous ces témoignages. Il vivait vraiment dans l’instant présent comme nous le disions tout à l’heure. Pour lui, ce qui était important c’était d’apprécier la vie, faire de son mieux au quotidien, aider les autres à réaliser leurs objectifs, aimer les autres, tout cela était important pour lui et non la renommée. »

 

 

LEXNEWS : “Quelle était le souhait le plus important de Reg lorsqu’il a appris qu’il était gravement malade et que souhaitait-il laissé pour les futures générations ? »

 

Kaya Park : « Je crois que pour Reg ce qui était le plus important c’était notre bonheur. Je me souviens que la nuit qui a précédé son départ, toute la famille était dans sa chambre. Il a dit à ma petite amie « Occupes toi bien de lui » et il a dit la même chose à chacun de nous. Je crois que c’était ce qui était le plus important pour lui. Je crois qu’il souhaitait que cette joie de vivre qui avait été la sienne soit également la notre. Pour moi, c’est son principal héritage que je retiens. Il nous a vraiment éduqué à nous aimer les uns les autres, nous aider, être en forme,… Il savait que la vie ne devait pas être gâchée d’autant plus que comme vous le releviez tout à l’heure dans votre question il savait que la vie n’était pas toujours facile. Il savait ce qui était important et ce qui ne l’était pas. La gloire, la fortune,… tout cela n’était pas important à ses yeux. »

 

Jeunesse Park :  « C’était très difficile pour lui de voir son corps se dégrader avec la maladie. Cela ne l’a pas empêché d’être très courageux et nous n’avons pas réalisé combien il a pu souffrir car il n’a pas voulu nous le montrer. Il ne s’est jamais plaint alors même que toute sa vie a terriblement changé avec ses derniers mois. Il était incroyablement calme et positif même dans ces instants dramatiques. La dernière chose que j’ai pu lui dire 45 minutes avant qu’il ne parte fut « à bientôt » en français car il avait horreur qu’on lui dise au revoir. Il savait que notre famille était forte et que mon frère et moi-même allions veiller sur notre mère. Dans ses derniers instants, j’ai posé ma main sur sa poitrine et je lui ai dis « nous nous occuperons d’elle » et il est mort après… »

 

 

LEXNEWS : “Croyait-il en une religion ?”

 

Jeunesse Park :  « Il était très sensible à la spiritualité même s’il ne pratiquait aucune religion. Il ne pensait pas qu’il était important d’aller à la synagogue ou à l’église pour bien agir. Il croyait que Dieu était dans chacun de nous, dans la nature et dans toute chose. C’est ainsi qu’il voyait la religion, en fait cela tenait plus de la spiritualité, le fait de savoir ce qui était bien ou mauvais en soi. Il avait ainsi une spiritualité profonde qui ne suivait aucune foi en particulier, c’est ainsi que nous avons été tous élevés. »

 

LEXNEWS : “Quels vont être les initiatives pour perpétuer son souvenir et qu’en est-il de la Reg Park Legacy Foundation ?”

 

Jeunesse Park :  « Reg avait écrit un livre sur sa vie ces derniers moise et nous sommes entrain de saisir le manuscrit avant de pouvoir trouver un éditeur. C’est quelque chose d’important que nous souhaitons mener rapidement à terme. Concernant la Reg Park Legacy Foundation, Arnold Schwarzenegger m’a dit récemment que Reg n’avait jamais reconnu sa propre grandeur alors même qu’il encourageait les autres à la trouver. Je me suis impliquée depuis 19 ans dans une Fondation environnementale et il y a quelques années j’avais parlé à Reg de créer une fondation pour aider les jeunes désavantagés pour avoir accès au fitness et au sport sans laquelle ils leur seraient impossibles d’avoir accès. C’est un très gros problème ici en Afrique du Sud où de nombreux jeunes ne peuvent pas pratiquer ces sports en raison de la pauvreté. Nous sommes levons ainsi des fonds pour venir en aide à ces jeunes. »

 

Kaya Park : «C’est en effet quelque chose de très important car Reg avait l’habitude d’aider de nombreuses personnes qui étaient handicapées après des accidents de voitures ou d’autres accidents de la vie. Je me souviens d’une personne de 81 ans qui avait eu un accident et qu’il entraînait 3 fois par semaine et qui lui avait dit « C’est grâce à vous que je n’ai pas eu à rouler dans une chaise roulante pour le reste de ma vie car vous m’avez gardé en vie et concentrée sur cet objectif ». Je crois que c’est en effet quelque chose de très important pour sa mémoire. »

 

LEXNEWS : « Pouvez vous nous parler de votre Fondation Foods and Trees for Africa qui d’une certaine manière perpétue également la mémoire votre père dans son amour pour la nature et la planète ? »

 

Jeunesse Park :  «J’ai commencé cette organisation il y a 19 ans quand je suis revenue vivre en Afrique du Sud. Notre objectif était, et est toujours, d’aider les plus pauvres à pouvoir profiter de la nature et de ses bienfaits. Cette organisation est devenue une institution nationale depuis qui aide à produire des aliments biologiques et à assurer la plantation d’arbres. Nous avons ainsi planté plus de 3 millions d’arbres dans les banlieues pauvres d’Afrique du Sud. Nous avons également réalisé un très grand nombre de programmes pour apprendre aux démunis comment maintenir un environnement sain et cultiver des produits. Il est vrai que d’une certaine manière nous poursuivons le même souci qui animait mon père, lui travaillait sur le corps, nous sur la nature. C’est une activité qui m’a toujours occupée et qui est devenue ces dernières années une question d’actualité mondiale avec le réchauffement de la planète ainsi que sa pollution. C’est très gratifiant pour moi et Reg était très fier de ce que j’avais entrepris. »

 

LEXNEWS : « Merci pour ce très beau message afin de garder la mémoire de Reg vivante, nul doute que tous nos lecteurs retiendront cette belle leçon de vie ! "

 

Le site de l'organisation Foods and Trees for Africa de Jeunesse Park :  www.trees.co.za

 

 

 

 

CARRIERE SPORTIVE

1946
Mr Britain, 4th

1949
Mr Britain, Winner

1950
Best Developed Athlete in America - IFBB, Tall, 1st
Best Developed Athlete in America - IFBB, Overall Winner Mr Europe
Overall Winner Mr Universe - NABBA, Tall, 2nd

1951
Mr Universe - NABBA, Tall, 1st Mr Universe - NABBA, Overall Winner

1958
Universe - Pro - NABBA, Tall, 1st Universe - Pro - NABBA, Overall Winner

1965
Universe - Pro - NABBA, Tall, 1st Universe - Pro - NABBA, Overall Winner

1970
Universe - Pro - NABBA, Tall, 2nd

1971
Universe - Pro - NABBA, Tall, 3rd

1973
Universe - Pro - NABBA, Tall, 2nd

 

FILMOGRAPHIE : 

1961 : Hercule à la conquête de l’Atlantide (Ercole alla conquista di Atlantide) de Vittorio Cottafavi

1961 : Hercule contre les vampires (Ercole al centro della terra) de Mario Bava

1964 : Maciste dans les mines du roi Salomon (Maciste nelle miniere di re Salomone) de Piero Regnoli

1964 : La terreur des Kirghiz (Ursus, il terrore dei Kirghisi ) d’Antonio Margheriti et de Ruggero Deodato

1965 : Le défi des géants (La sfida dei giganti) de Maurizio Lucidi

 

INTERVIEW EXCLUSIVE DE REG PARK

27/09/2005

ENTRAINEZ VOUS AVEC UNE LEGENDE !

 

La version numérique (e-books) des célèbres publications de Reg Park est dorénavant disponible à l’achat sur le site Web du grand champion. Sources inépuisables de conseils éprouvés par le temps, ces opuscules se divisent en 2 catégories.

Retrouvez tous ces e-books en vente sur le site de Reg Park : http://www.regpark.net/

 

1)  Un programme intitulé « Original 1956 Courses » qui se divise en 4 parties :

 

1. Build You Body with Barbells.

A Beginners course of bodybuilding.

Comme son nom l’indique, cette première partie concerne les pratiquants débutants. Comment forger son corps à l’aide des haltères ? Même si l’époque moderne ne jure plus que par les machines les plus sophistiquées, il parait indispensable, pour obtenir des résultats durables et complets, de revenir aux fondamentaux si bien présentés par Reg Park. 6 exercices de base sont expliqués par le grand champion dans le détail avec, à la clé, une table illustration, le représentant entrain d’exécuter ces exercices !

 

2. An Intermediate Course of Bodybuilding

Specifically for you if you have been training for at least 12 months

L’auteur offre un plan d’entraînement pour les personnes s’étant entraînées au moins pendant un an. D’une durée de 2 heures, la séance est complète et insiste sur des parties du corps qui n’étaient pas travaillées dans le premier numéro.

 

3. An Advanced Course for Body Builders

This advanced course is intended for you if you have been training for at least 3 years

Destinés aux pratiquants chevronnés (plus de 3 ans de pratique), ce nouveau numéro insiste sur des techniques plus avancées, dans l’optique de développer certaines parties du corps à l’aide de 16 exercices faisant l’objet d’explications et d’illustrations de la part de Reg Park en personne.

 

4. Power Course for Weightlifters and Bodybuilders

Part 4 of The Reg Park Journal 1956 bodybuilding course

Ce sont les fondamentaux de la puissance qui se trouvent détaillés dans ce dernier opuscule de la série. Parce que la musculation n’est pas complète sans la force qui doit l’accompagner, Reg Park a toujours insisté sur les mouvements de force dans les plans d’entraînements qu’il suivait et qu’il recommande également dans ses leçons.

 

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NOUVEAU !

Reg PARK, votre coach particulier !

Reg Park reste l’une des personnalités phares dans le monde de la fitness, à la fois pionnier et vedette reconnue pour son investissement personnel dans l’univers de la forme physique.

Reg Park met dorénavant tout son savoir à votre portée en proposant un coaching individualisé par correspondance pour progresser dans la musculation. Reg se chargera de concevoir le meilleur programme quelque soit les objectifs poursuivis (préparation sportive, force athlétique, masse,…).

Celui qui inspira le fameux Arnold Schwarzenegger peut ainsi devenir votre coach particulier.

Chaque prise en charge comprend un programme personnalisé en fonction des objectifs recherchés, un programme nutritionnel, une analyse complète et la possibilité de poser des questions par e-mail à Reg pendant la durée du programme, + un abonnement gratuit au Reg Park e-Journal pendant 1 an et une photo de Reg avec son autographe !

Dés l’inscription, un formulaire détaillé sera à remplir et à adresser à Reg Park accompagné de 3 photos récentes pour élaborer un programme individualisé.

Reg Park est né le 7 Juin 1928 dans le Yorkshire, en Angleterre. Sa fascination pour le corps humain a été très précoce et c'est après guerre qu'il s'est dédié à la pratique du bodybuilding avec le succès que l'on sait (Reg Park a littéralement gagné toutes les compétitions de son époque). Longtemps en compétition avec son rival, Steve Reeves, Reg Park a également laissé son nom dans l'univers cinématographique des péplums, avec le fameux rôle d'Hercule qui le rendra célèbre à jamais pour le grand public des années 60. Enfin, homme d'affaires accompli, Reg Park a pu mettre à profit sa vaste connaissance de l'univers du fitness en créant de nombreuses salles de musculation, des marques d'équipements, ainsi que de nombreuses publications, dont le fameux Reg PARK Journal, atteignant le chiffre exceptionnel de 60 000 exemplaires vendus par mois. Reg Park vit aujourd'hui en Afrique du Sud et continue de mener une vie active au service de la forme.

En exclusivité pour LEXNEWS, Reg Park a bien voulu répondre à nos questions ! 

 

LEXNEWS : «  Vous avez été une source d’inspiration pour de nombreux bodybuilders et sportifs de manière générale, quelle a été votre propre motivation pour devenir l’un des meilleurs dans votre sport ? »

 

Reg PARK : « J’ai été très tôt fasciné par la beauté du corps humain alors même que j’étais encore un jeune homme et en particulier par des modèles comme celui d’Hercule ou le David de Michel Ange. C’est ainsi qu’à l’âge de 16 ans, j’ai décidé de commencer le bodybuilding.  De 1946 à 1948, j’ai fait mon service militaire dans l’armée anglaise. Je suis alors devenu sergent dans le Corps d’Entraînement Physique à Singapour où j’étais responsable de l’entraînement physique des jeunes recrues des toutes nouvelles troupes de l’Armée Malaisienne. Une semaine après mon retour en Angleterre à la fin de mon service, j’ai pu assister en tant que spectateur à la compétition de Mr. Universe qui se tenait à Londres. Lors de cet évènement, John Grimek, mais aussi Steve Reeves, tous deux américains, ainsi qu’André Drapp, français, se trouvaient sur la scène pour cette compétition. Jeune et un peu écervelé, j’ai alors déclaré que, moi aussi, je gagnerai ce titre de Mr. Universe un jour... ce qui se réalisa en 1951; Après avoir gagné en 1949 le titre de Mr Britain, j'ai gagné celui de Mr. Europe en 1950, ainsi que le titre de Mr America la même année ».  

 

LEXNEWS : « Quelles sont les principales qualités nécessaires à  cette pratique ? Pouvez vous nous expliquer la part du mental dans cette préparation dans votre vie quotidienne ? »

 

Reg PARK : « Je pense que lorsqu’il s’agit de réaliser un succès dans n’importe quel domaine de la vie, il est essentiel d’exprimer un désir intense, un dévouement sans faille dans ce que l’on entreprend, ainsi qu’une analyse constante de sa progression. »

 

LEXNEWS : « Comment jugez vous l’expérience des grands films que vous avez interprétés, et qui restent gravés dans la mémoire de nombreux cinéphiles ? Et quelles ont été vos relations avec le réalisateur Vittorio Cottafavi dans la grande fresque « Hercule à la conquête de l’Atlantide » ? 

Reg PARK : « J’ai particulièrement apprécié l’expérience d’avoir participé en tant qu’acteur à 5 films réalisés en Italie. Je garde en effet un très bon souvenir de Vittorio Cottafavi qui a été, sans conteste, le réalisateur le plus encourageant. Il m’a été d’une grande aide alors que j’étais un jeune acteur sans expérience ! »

 

LEXNEWS : « Quel est votre sentiment sur l’omniprésence des produits et suppléments dans le domaine du sport aujourd’hui et quel regard portez vous sur leur emploi quant à l’hygiène du corps sur le long terme ? »

 

Reg PARK : « Je trouve dramatique et triste la situation actuelle où des personnes acceptent volontairement de se détruire physiquement, mais également physiologiquement et mentalement pour parvenir au succès. Le poète romain Juvénal a écrit : “Mens sana in corpore sano”- “Un esprit sain dans un corps sain” Cette idée a toujours été l’une de mes convictions profondes. 

 

LEXNEWS : « Arnold Schwarzenegger a été l’un de vos plus fervents admirateurs, quel regard portez vous sur l’homme atteignant les plus hautes sphères politiques aux Etats-Unis ? »

 

Reg PARK : « J’ai rencontré Arnold pour la première fois lors d’un show à Londres en 1967, où nous réalisions une exhibition. Et nous sommes restés amis depuis ce temps, malgré une différence d’âge de 20 ans. Je pense que la réussite d’Arnold devrait être une source d’inspiration pour tous les jeunes hommes. Il est arrivé à New York avec 10 $ en poche et est parvenu à gagner les titres de Mr. Universe et de Mr. Olympia de nombreuses fois ! Il a débuté en tant qu’acteur pour finir avec le record d’être l’acteur le mieux payé par film (30 millions de dollars pour un film !). Maintenant, il est Gouverneur de la Californie, et je pense qu’il peut très certainement devenir un jour le Président des Etats-Unis. » 

 

LEXNEWS : « Quelles sont vos activités aujourd’hui et pouvez vous nous indiquer la place qu’occupe la pratique de la musculation dans votre emploi du temps quotidien ? »

 

Reg PARK : « Je suis aujourd’hui un coach dans un gymnasium proche de chez moi. J’entraîne non seulement des bodybuilders enthousiastes, mais également des femmes pour leur condition physique, ainsi que des patients avec lesquels je réalise une gymnastique corrective ».

"I wish you great success with Revue Lexnews! Regards, "

Reg Park

 

LEXNEWS : « Reg, merci pour votre témoignage qui inspirera de nombreux jeunes adeptes de la musculation et réjouira les plus âgés en leur rappelant le souvenir de ces belles années !"

 

 

 

 

 

 

Retrouvez Reg dans un de ses films les plus mémorables :

2)  Une étude détaillée des différentes parties du corps intitulée « Know Your Muscles » :

1. TRAPEZIUS and SKELETAL STRUCTURE

1956 course dealing with trapezius and skeletal structure.

Véritable encyclopédie anatomique, ces leçons de Reg Park composent un savoir indispensable à toute pratique intelligente de la musculation. Cette première partie s’attache tout d’abord aux grands principes de l’anatomie du corps humain avec une synthèse précieuse sur l’association des muscles au squelette qui les supporte. La deuxième partie de cet opuscule détaille les exercices sollicitant les muscles du cou et les trapèzes. Ce numéro est agrémenté d’une planche anatomique détaillée ainsi que de nombreuses photos des exercices proposés.

 

2. DELTOIDS

Know your muscles and how to develop them. Part 2 – Deltoids

Cette deuxième partie s’attache aux muscles de l’épaule ou “deltoides”. Prônant un développement complet des trois têtes composant l’épaule, Reg Park offre avec cette deuxième partie une étude complète des exercices permettant le travail approfondi des muscles de l’épaule avec des barres et des haltères.

 

3. BICEPS AND TRICEPS

Developing your Biceps and Triceps. Know your muscles and how to develop them part 3.

Les bras du grand champion étaient tout simplement phénoménaux au regard des standards de l’époque. Celui qui inspira le jeune Arnold dans son Autriche natale, offre dans ce troisième numéro sa méthode pour un développement musculaire optimal des bras. Une planche illustrée résume les différents exercices proposés dans le texte pour les biceps et les triceps.

 

4. FOREARM

Know your muscles and how to develop them Part 4. The Forearm.

Partie du corps souvent ignorée, les avant-bras font l'objet d'un travail spécifique dans ce numéro spécial. Indispensable pour la pratique du sport et pour un développement musculaire harmonieux, l'entraînement des avant-bras grâce à 5 exercices est au coeur de ce programme développé par Reg Park.

 

5. THE CHEST

Know Your Muscles and How to develop them Part 5. The Chest.

Ce numéro s'attache au travail des pectoraux. Reg entre dans le détail de l'anatomie de ce groupe musculaire si important pour la respiration et la pratique de nombreuses activités sportives. Pas moins de 9 exercices sont ici détaillés afin de travailler ces muscles dans toute leur amplitude.

 

6. THE MIDSECTION

Know your muscles and how to develop them Part 6. The Midsection.

Les abdominaux ont toujours été au coeur de l'inspiration des bodybuilders des années après-guerre. Inspiré par la statuaire grecque, Reg Park n'a pas fait exception et a toujours veillé au développement harmonieux de sa ceinture abdominale. Voici livrer ici les secrets d'un ventre plat et musclé ! 

7. THE BACK

Know your muscles and how to develop them Part 7. The Back.

Partie du corps souvent négligée, le dos demeure cependant un groupe musculaire vital, non seulement pour la pratique sportive, mais aussi dans la vie quotidienne. Les secrets du grand champion sont ici dévoilés pour se forger un dos digne d'Hercule !

8. HIP AND THIGH

Know your muscles and how to develop them Part 8. Hip and Thigh.

Les muscles des jambes et fessiers sont essentiels pour la mobilité du corps et la puissance de ses appuis. Cette dernière livraison s'attache au développement complet de ces muscles avec l'aide d'une planche détaillant chacun des 8 exercices proposés.

 

Pour plus de renseignements :

http://www.regpark.net/

 

 

 

Interview Larry SCOTT, Utah, 13/11/2007.

Le nom de Larry Scott raisonne avec le panthéon de l'âge d'or du bodybuilding. Véritable figure emblématique de cette époque, il est le digne héritier de la génération précédente aux noms célèbres tels Steve Reeves, Clancy Ross ou encore Reg Park. Parfait exemple de ce que la détermination et la ténacité peuvent faire, Larry Scott a inscrit son nom en lettres d'or dans la discipline. Rencontre avec un grand monsieur du bodybuilding et du sport en général qui porte un regard nuancé sur l'époque actuelle sans pour autant rester campé dans le passé !

 

 

LEXNEWS: “Quel élément dans votre vie a déterminé votre vocation pour le bodybuilding ?”

 

Larry SCOTT : « En fait, je suis tombé un jour sur un magazine Weider et je l’ai pris car il y avait une personne qui faisait une flexion de son bras et un message était écrit sous la photo : « vous aussi, vous pouvez avoir un bras comme cela en 30 jours ! » Je suis rentré à la maison et j’ai commencé à faire ces exercices chez moi. Il faut savoir que j’étais un jeune garçon de petite taille, plus petit que la moyenne à l’école. J’ai ainsi voulu gagner en masse musculaire afin de compenser cette taille. Et le fait de me mettre à réaliser les exercices de ce magazine a rapidement augmenté mon volume musculaire et mon corps s’est mis à se développer. Cela s’est fait à un tel point que mes camarades de l’école en sont venus à me demander ce que je faisais pour avoir tant changer ma physionomie ! Cela a été évidemment très important pour moi car cela a contribué à renforcer l’image que je pouvais avoir de moi-même ainsi que ma confiance en moi vis-à-vis des autres. Le fait que mes camarades de classe puissent soudainement s’intéresser à moi et me demander des conseils a été très important dans ma détermination à devenir plus tard Mr America. A partir de là, je n’ai eu de cesse de m’entraîner, de ne jamais manquer une séance et d’aller toujours plus loin. »

 

LEXNEWS : “Quelles étaient vos sources d’inspiration à cette époque et pouvez vous nous parler de Vince Gironda qui a eu une grande influence dans votre parcours ?”

 

Larry SCOTT : « Steve Reeves a été incontestablement ma plus grande source d’inspiration. J’ai même eu la chance de pouvoir le voir et d’échanger quelques mots lors d’une exhibition à laquelle il était invité lorsque je me suis rendu en Californie. Il m’a donné alors quelques conseils et je dois reconnaître que c’était l’un de mes héros lorsque j’étais jeune. La première fois que je suis parti en Californie, je me suis rendu à la salle tenue par Vince Gironda. J’ai fait sa connaissance et vous savez c’était quelqu’un qui avait une très forte personnalité ! Il avait sa propre conception sur la façon de faire les choses et il tenait à ce qu’elles soient faites ainsi dans sa salle. Mais il connaissait énormément de choses sur la façon de s’entraîner et les exercices à pratiquer. En fait, il était très en avance sur son temps dans la science de l’entraînement. J’ai ainsi commencé à m’entraîner dans sa salle et sous sa direction. Je lui dois énormément même si cela n’était pas facile tout les jours, vous savez vous aviez intérêt à faire très attention à ce que vous disiez avec Vince ! J’ai également eu la chance de pouvoir profiter des nombreux conseils de Rheo H. Blair qui était également présent dans la salle de Vince. C’était un des meilleurs nutritionnistes, et il m’a donné des conseils sur la façon de me nourrir qui ont été également essentiels pour ma réussite.»

 

 

LEXNEWS: « Vous êtes réputé pour le développement de vos épaules ainsi que la taille incroyable de vos bras, mais au début de votre carrière, ces parties de votre corps étaient plutôt des points faibles. Comment avez-vous surmonté ces difficultés ? ”

 

Larry SCOTT : « Je me suis rendu compte que mes bras se développaient très rapidement. C’était une partie de mon corps qui répondait le mieux à mon entraînement intensif. Par contre, mes épaules étaient véritablement ma partie la plus faible. Je me suis ainsi concentré sur les exercices pour les épaules que je pouvais trouver dans les magazines mais cela ne suffisait pas pour pouvoir rivaliser avec les concurrents que je voyais dans ces mêmes magazines. J’ai beaucoup réfléchi sur la manière de m’entraîner et j’ai du chercher de nouvelles techniques pour développer ces épaules d’une autre manière qui puisse leur permettre de répondre à l’entraînement. Vince m’a donné beaucoup de conseils dans cette tâche. Nous avons fait de nombreuses expériences en direct dans sa salle afin de trouver des solutions. Et d’une manière surprenante, c’est lorsque je me suis mis à utiliser des haltères plus que des barres que mes épaules se sont mises à se développer. A un tel point que mes épaules sont devenues par la suite mon point fort alors même qu’elles étaient mon point faible jusqu’alors ! En fait, nous avons tellement spécialisé l’entraînement sur cette partie du corps qu’elle a réussi à répondre plus que je ne l’espérais. »

 

LEXNEWS: “ Vous êtes le premier bodybuilder à avoir gagné la compétition de Mr Olympia (en1965 et 1966), comment voyez vous rétrospectivement cette compétition aujourd’hui?”

 

Larry SCOTT : « A cette époque, les stéroïdes n’avaient pas l’importance qu’elles ont maintenant. La masse n’était pas le seul critère et la façon dont je m’entraînais avec Vince donnait la priorité à l’esthétique et à l’équilibre du développement musculaire. Et je suivais ses conseils à chaque fois que je développais une partie de mon corps, ce n’était pas qu’une question de volume et de masse. Ce souci de l’esthétique prédominait à l’époque y compris dans les compétitions. Ce n’est plus vraiment le cas aujourd’hui si vous regardez les compétitions modernes. Je crois que c’est la différence notoire. »

 

 

LEXNEWS: “Justement, quel est votre sentiment sur les compétitions d’aujourd’hui et la taille incroyable de développement atteinte par les compétiteurs actuels ? ”

 

Larry SCOTT : « Je suis bien entendu très impressionné par la taille et le développement auxquels parviennent les compétiteurs actuels. Mais malheureusement, les drogues prennent une part de plus en plus importante dans l’entraînement aujourd’hui et bien entendu si j’étais un compétiteur aujourd’hui je serais bien obligé de prendre les mêmes substances pour atteindre ce niveau de masse musculaire. Il ne s’agit pas bien sûr de dire que j’étais meilleur à mon époque, c’était quelque chose de différent. Il est clair qu’aujourd’hui il est très difficile de dire à des jeunes ne prenez pas ces produits car ils n’ont que cela comme référence. Il y a bien entendu de nombreux inconvénients à prendre des stéroïdes mais, outre les effets secondaires très néfastes sur la santé, un jeune qui prend ce genre de produits très tôt dans son entraînement n’apprend pas à ressentir la façon dont son corps répond à son entraînement. En fait, dans cette optique, vous dépendez d’un facteur extérieur à votre corps et cela vous empêche d’apprendre et de sentir toutes ces choses qui vous permettent de sculpter votre corps. Bien sûr ces arguments ne sont pas entendus par les jeunes d’aujourd’hui, ils ne les écoutent même pas ! Ils veulent le moyen le plus facile. Le problème est que l’on ne peut pas prendre ces drogues longtemps inopinément. Vous imaginez la déception dés qu’ils arrêtent, tout ce qu’ils ont gagné disparaît presque aussi vite ! On constate alors de nombreuses dépressions nerveuses accompagnées de douleurs articulaires et organiques. Il s’agit vraiment de drogues ! ».

 

 

LEXNEWS: “Vous êtes également connu pour avoir donné la priorité aux questions touchant la nutrition dans l’entraînement. Pouvez vous nous expliquer pour quelles raisons et quels sont vos conseils en la matière ? ”

 

Larry SCOTT : « C’est une question en effet essentielle. On me demande très souvent comment se développer de plus en plus tout en réduisant son tour de taille ! En fait, c’est une grosse erreur. Vous ne pouvez pas faire les deux dans la même période. Tout dépend de ce que vous souhaitez faire. Je recommande aux clients que j’entraîne de réserver la période hivernale pour prendre quelques kilos de masse car c’est la période idéale pour cela : il fait froid, cette graisse supplémentaire vous tient plus chaud,… Et lorsque le printemps arrive, vous changez alors toute la façon de vous entraîner et de vous nourrir. Votre but est d’alors de brûler beaucoup plus de calories et de perdre la graisse en excès de l’hiver. C’est vraiment la seule façon de pratiquer. Cela correspond d’ailleurs au rythme naturel du corps et cela donne des résultats. »

 

 

LEXNEWS: “ Est-il possible de s’entraîner correctement sans prendre des suppléments protéinés ? ».

 

Larry SCOTT : « Je crois que c’est beaucoup plus difficile de s’entraîner sans ces protéines supplémentaires mais cela peut bien sûr se faire. En fait, ce qu’il faut bien comprendre c’est que vous devez changer les rapports de ce que vous ingérez en fonction de vos objectifs. J’entends par là les proportions des protéines, des glucides et des lipides selon que vous voulez gagner du volume musculaire ou au contraire perdre de la graisse. Mettons que vous soyez au printemps et que vous vouliez perdre de la graisse, il va falloir augmenter votre ration de protéines et c’est alors plus difficile de le faire sans l’aide des suppléments de protéine. Si vous voulez l’équivalent en aliments frais, il va falloir ingurgiter des volumes énormes de poulet et de thon pour trouver ce qu’il faut à votre corps. Les progrès seront beaucoup plus rapides avec des suppléments protéinés équilibrés. Pour moi, 80 % des progrès en bodybuilding sont dus à la nutrition. L’équilibre entre les protéines, les glucides et les lipides est essentiel à comprendre en fonction de la période à laquelle vous vous entraînez. Lorsque l’on s’entraîne pour une compétition, on apprend ces choses là car elles sont essentielles pour arriver affûté. Hors compétition, vous mangez plus de glucides afin d’avoir plus d’énergie pour l’entraînement, à l’inverse, à l’approche des compétitions, vous réduisez ces glucides et les lipides pour éliminer la graisse de votre corps.»

 

LEXNEWS : “Vous êtes connu pour avoir donné votre nom à un appareil et à un exercice désormais classique, le Scott Bench, quelle est l’origine de cette création ?”

 

Larry SCOTT : « Mon premier magazine dont je vous parlais tout à l’heure donnait une séance d’entraînement des triceps. J’ai ainsi commencé à m’entraîner au triceps ! J’aimais beaucoup travailler mes triceps et d’ailleurs ils ont rapidement surpassé mes biceps. En fait, je n’aimais vraiment pas travailler les biceps et un jour quelqu’un m’a fait remarquer que ces muscles pourraient être très bons si je les travaillais plus. J’ai alors demandé à Vince comment mieux les entraîner. Il m’a dit : tiens prends ce banc là (le fameux Preacher Bench)! J’ai ainsi commencé à l’utiliser et curieusement mes biceps ont réagi très vite à ce nouvel exercice. Je me suis alors spécialisé dans cet exercice. Mais c’est à Vince que l’on doit cet exercice ! »

 

LEXNEWS : “ Comment expliquez vous l’efficacité de cet exercice, est-ce dû à l’isolation du muscle qu’il autorise ? »

 

Larry SCOTT : « Complètement ! Il isole totalement le biceps et en plus vous pouvez ainsi travailler la partie basse de ce muscle et si vous avez grâce à une bonne génétique une bonne attache de votre tendon avec votre avant-bras, vous pouvez vous bâtir de sacrés bras avec cet exercice ! »

 

 

 

LEXNEWS : “ Pouvez vous nous donner des conseils pour nos lecteurs qui ont plus de 40 ans et qui souhaitent s’entraîner sans pour autant faire des séances aussi fortes que dans leur adolescence ?”

 

Larry SCOTT : « Le souci des personnes qui ont plus de 40 ans est la plupart du temps de réduire le tour de taille. Je constate cela souvent chez mes clients. Lorsque je demande à une quinzaine de personnes de plus de 40 ans ce qu’ils souhaitent faire le plus dans leur entraînement, j’obtiens comme réponde : affiner le tour de taille. Or, avec l’âge, les hormones de croissance naturelles de notre corps diminuent d’année en année. Il faut ainsi, avec des exercices répétés, essayer de réduire ces pertes tout en faisant très attention à sa diététique. Il faut veiller aux proportions dont je vous parlais tout à l’heure entre protéines, glucides et lipides. Et je ne sais pas ce qu’il en est en France, mais ici, aux Etats-Unis, lorsque vous allez dans les supermarchés, vous avez toujours des publicités pour des produits avec peu de graisse, mais ce n’est pas le seul problème : les glucides jouent un rôle essentiel dans ces aliments trop riches. Votre corps stocke tous ces glucides autour de votre taille même lorsque ces aliments sont à faible teneur en lipides. Vous devez donc faire très attention à ce que la nourriture que vous prenez soit à faible teneur également en glucides raffinés. Si vous ajoutez à cela un exercice que j’ai conçu qui s’appelle le « Ring of Fire » et qui est très efficace pour réduire le tour de taille, vous aurez ainsi une bonne méthode pour lutter contre ces kilos mal placés. C’est en effet le souci de la plupart des seniors comme je le vous disais tout à l’heure ainsi que de bons bras ! »

 

LEXNEWS : « Merci beaucoup Larry pour ces conseils ! Nul doute que pour aller plus loin, nos lecteurs pourront avec profit lire votre livre « Loaded Guns » une véritable mine d’or de conseils, synthèse de toute votre expérience dans l’univers du bodybuilding. »

 

 

www.larryscott.com

 

 

 

 

« Loaded Guns » by Larry Scott, The First Person to Win All Three Mr. America, Mr Universe, Mr Olympia, Ed. Larry Scott & Associates.

 

Véritable traité sur la musculation et la pratique du bodybuilding, “Loaded guns”, littéralement, revolver chargés, offre en effet une batterie de conseils digne d’abattre tous les obstacles sur la route du pratiquant. Synthèse d’années de travail et de sueur dans les salles de gym, cet ouvrage permettra en effet d’éviter toutes les erreurs auxquelles est confronté inévitablement le pratiquant de la musculation comme le rappelle Larry. L’auteur attache une grande importance à la science de l’entraînement. L’interview qu’il a accordée à notre revue insiste sur l’importance de bonnes techniques réfléchies et toujours adaptées à l’individu. N’oublions pas en effet que de nombreuses personnes avaient prédit à Larry qu’il ne parviendrait jamais à atteindre le niveau d’une compétition locale en raison de ses épaules étroites. Non seulement le grand champion a gagné toutes les compétitions internationales disponibles mais qui plus est, il est entré dans l’histoire du bodybuilding pour avoir eu en son temps les épaules et les bras les plus massifs jamais développés ! Une belle leçon de ténacité qui devrait servir d’inspiration aux jeunes et aux moins jeunes générations pour leur entraînement quotidien et dans leur vie de manière générale… 

"Larry...You amaze me how you can continue to come up with better ideas about training...This book is a treasure chest of bodybuilding pearls."

Arnold Schwarzenegger
Seven-Time Mr. Olympia
 

Cet ouvrage peut être commandé sur le site de Larry Scott et expédié en France : www.larryscott.com

 

 

 

Pour compléter ce dossier, nos lecteurs pourront voir avec profit le DVD « The Classic Collection # 2 » de la série « The golden era of Bodybuilding » des Editions GMV basées en Australie dirigées par Wayne R. Gallasch. Ce deuxième volume de cette série dorénavant classique consacrée aux stars du bodybuilding de l’âge d’or des années 40, 50 et 60, offre des vidéos introuvables par ailleurs de Larry Scott et notamment sa célèbre victoire de 1965 au Mr Olympia. Le posing de Larry est superbe et en avance sur son temps, on voit bien là l’influence de son célèbre mentor, Vince Gironda. Ce volume peut être commandé directement auprès de GMV Productions : www.gmv.com.au

 

Détails de l’édition :

 

THE CLASSIC COLLECTION VOL. 2 - NOW ON DVD

ALL NEW! Presenting the physique stars of the 40s, 50s and 60s in this classic extravaganza of old time bodybuilders.  From our film archives, we present an even greater number of stars from our old 16mm and 8mm films.  Three quarters of this tape is in black and white with colour for those filmed in the late 60s.  Music has been added.

 FRONT COVER PHOTO OF LARRY SCOTT BY IRVIN JOHNSON

The quality varies from mostly good to fair, usually depending on the stage lighting or age of the film.  Some clips such as Chuck Sipes and Rick Wayne are very brief, while segments of Grimek performing muscle control and Larry Scott posing are superb.

* Available in NTSC and PAL (region free)
* Also Available on VHS by request, use special comments area when ordering.


Take a trip back in time to the Golden Days of the iron game.
See the greatest legends in our sport, posing in all their glory: Reeves, Grimek, Pearl, Park and many more!

 

Un message de Larry adressé tout spécialement à nos lecteurs !

 

 

 

Jack Lalanne "Revitalize your Life" Editions HASTINGS HOUSE  PUBLISHERS.

 

Jack Lalanne est un grand Monsieur de la forme physique aux Etats-Unis. Son dernier livre en anglais « Revitalize your life » est paru aux Editions HASTINGS HOUSE PUBLISHERS. De lui, Arnold Schwarzenegger a dit qu’il fut 30 ans en avance sur son temps ! Une référence pour ainsi dire dans l’univers de la forme physique et qui nous propose dans son livre d’entourer dans son agenda la date du jour et de considérer que cette dernière est la première journée du reste de notre vie, et de la vivre ainsi en tant que telle ! Si à l’origine de la première édition du livre, l’auteur pensait réserver ses conseils pour les plus de 50 ans, il est depuis revenu sur cette échelle pour l’élargir très largement aux quadras (et même en dessous pour les trentenaires inactifs !). L’homme a incontestablement découvert la fontaine de jouvence et nous invite à la découvrir avec lui. Débutant par un check up complet de notre état physique (eh oui ! Il va falloir sortir le mètre souple !), Jack nous emmène pour 29 chapitres de redécouverte de notre corps avec tous ses secrets accumulés après une vie entière consacrée à la forme. Un guide inspirant qui n’écarte aucune question et nous offre la plus belle réponse possible : l’image d’un homme épanoui ayant encore une silhouette athlétique à un âge avancé ! 

Dave Draper « Brother Iron, Sister Steel » On Target Publications, 2005.

 

Comment présenter l’auteur, Dave Draper ? Véritable icône du bodybuilding américain dans les années 60 et 70, celui qui sut mettre en valeur une musculation hors du commun, va également révéler une plume particulièrement légère et originale. Il pourrait être le poète de l’acier et de la fonte, ces deux matières étant d’ailleurs élevées au rang de lien fraternel par l’auteur ! Le ton est original et jette un regard à la fois passionné et critique sur un thème longtemps voué aux sarcasmes et aux pires accusations avant d’être récupéré par les marchands du temple à partir des années 80. La musculation, le culturisme, le bodybuilding,… que de termes renvoyant à une seule et même réalité : le soin du corps et de son image indissociablement associé à un esprit sain. Le fameux équilibre hérité de l’Antiquité peut évidemment, selon les priorités, pencher vers l’un ou l’autre des côtés de la balance. Qu’importe Dave Draper nous démontre avec intelligence, que l’humour et un certain recul par rapport à ses accomplissements, peuvent aider le pratiquant dans cette longue quête. Dave Draper fait la preuve que cultiver son corps ne peut aboutir sans une intelligence certaine. Intelligence de la physiologie, de diététique et de la récupération bien sûr, mais également intelligence de la psychologie et de la philosophie pour aller plus loin et repousser sans cesse ses limites. Le lecteur est libre de critiquer, ne pas partager cette vision, mais en aucun cas condamner par des a priori sans fondements. Une très belle réflexion sur le thème du corps, de la discipline, de la motivation, de la santé !

« BodySports – La Bible des exercices » de Josette Roche-Shuey et Lucien Demeillès, Editions JIBENA.

 

A l’heure des manuels de musculation trop rapidement élaborés avec des photos plus ou moins en situation, ce dernier ouvrage des Editions Jibena conçu par deux spécialistes de la forme et de la musculation (les auteurs interviennent en effet régulièrement depuis de nombreuses années dans la Revue « Le Monde du Muscle) fait figure d’évènement. Un évènement pédagogique tout d’abord en raison du travail iconographique exceptionnel réalisé grâce aux dessins de Lucien Demeillès, véritable artiste en la matière, qui offrent non seulement une vision dynamique des exercices présentés mais forcent également leur compréhension en isolant les muscles et parties du corps concernés. Avec ses 500 dessins d’exercices, cet ouvrage couvre également, autre mérite, l’ensemble de la musculature du corps humain pour une remise en forme, un entraînement régulier voire même un perfectionnement après des années de pratique. Chacun trouvera des mines d’informations dans cette Bible des exercices afin d’apprendre, à terme, à composer soi-même ses programmes et mieux coller à la spécificité de son métabolisme et de son anatomie. Cet objectif ne pourra être atteint qu’en étudiant dans le détail et dans ses interactions l’ensemble des exercices ici présentés afin de parvenir à cette compréhension de l’idéal culturiste tant souvent décrié et pourtant magnifié dés la plus ancienne statuaire grecque classique !

« Iron on my mind » by Dave Draper, On Target Publications, 2006.

 

Nous retrouvons l’unique philosophe de la fonte en la personne de Dave Draper. Si pour le pratiquant lambda, la salle de musculation n’est qu’une succession de machines, de poids, de glaces et d’odeurs de sueur, pour l’auteur, la fonte se transforme en métal précieux, les séances fastidieuses en tournoi chevaleresque, le tout dans une inspiration onirique impressionnante et communicative ! Dave Draper a incontestablement un talent d’écriture égal à celui nécessaire pour  la construction du corps de légende qui l’a rendu si célèbre. Le travail de la plume relève de l’introspection la plus sincère ce qui n’exclut pas l’humour, l’ironie et la joie partagée d’une passion immodérée après temps d’années passées. « Iron on my mind » est la réunion de ces pensées quotidiennes qui jalonnent la vie du sportif dans ces entraînements, pouvant être lues dans n’importe quel ordre puisqu’elles sont indépendantes les unes des autres. Ce livre devient alors non pas le livre de chevet du pratiquant mais le journal de bord quotidien de qui cherche une source d’inspiration continue afin de persévérer dans la délicate voie de la forme et de la musculation. Nul doute que «Iron on my mind » n’a son équivalent ailleurs, Dave Draper ayant déjà fait la preuve de sa générosité dans ses conseils donnés gratuitement chaque semaine sur le site qu’il anime avec son épouse Laree. Pour toutes ces raisons, et bien d’autres encore, « Iron on my mind » se doit de figurer dans la bibliothèque de tout amoureux de la fonte en espérant de prochains volumes tout aussi inspirés !

 

 

INTERVIEW, Sergio OLIVA, The Myth, Chicago, 13/07/2007

Nous apprenons avec tristesse la disparition du grand athlète Sergio Oliva survenue le 12 novembre 2012, champion que nous avions interviewé en 2007. En mémoire de ce sportif exceptionnel, nous republions l'entretien qu'il avait accordé à notre revue.

 

Haltérophile talentueux s'échappant de Cuba sous Castro, Sergio OLIVA a trouvé asile à Chicago, ville à partir de laquelle il a su développer des talents physiques exceptionnels et qui ont fait de lui l'un des bodybuilders les plus fameux de l'histoire du sport. La perfection de son corps lui a valu d'être nommé par ses pairs le "Mythe" ! LEXNEWS a eu le plaisir de l'interviewer dans sa ville de Chicago. Rencontre avec un personnage extraordinaire dont l'humour n'a d'égal que sa joie de vivre !

 

 

LEXNEWS : « On vous surnomme le Mythe. Si l’on regarde votre passé, votre parcours semble en effet être une vraie légende : Vous êtes né dans un pays pauvre, Cuba, sous un régime communiste contraignant, vous vous êtes échappé de votre pays et Fidel Castro vous a même menacé longtemps pour cela. Pouvez vous nous rappeler pour quelles raisons vous avez fait ce choix, et d’où vous viennent cette volonté et cette puissance hors du commun ? ”.

 

Sergio OLIVA : « Tout cela vient d’un héritage reçu de ma mère et de mon père. Ils avaient l’habitude de travailler comme des animaux. J’ai été élevé à Cuba et j’ai quitté l’école pour faire toute sorte de sports à l’âge de 12 ans : de la course, du baseball, de la boxe,… J’ai voulu très tôt m’échapper de Cuba et partir vers les Etats-Unis, mais j’ai du attendre patiemment car je ne voulais pas le faire dans un bateau de fortune et finir dans la gueule d’un requin !

Un jour, alors que j’étais allongé sur la plage, un monsieur est venu vers moi et m’a demandé si je voulais faire de l’haltérophilie. J’ai été assez maigre mais en même temps j’étais très fort et plein d’énergie. Je lui ai dit ok et le jour suivant, je suis allé à la salle du gymnase d’haltérophilie. J’ai fait très rapidement des progrès dans cette discipline à un tel point que je battais tous mes concurrents à  Cuba. Mes entraîneurs m’ont alors envoyé en Russie. Là-bas j’ai pu suivre un stage afin d’apprendre de meilleures techniques car les Russes étaient les meilleurs en haltérophilie à cette époque. J’ai appris très vite d’autant plus que j’ai toujours eu des facilités dans les soulevés. J’ai commencé par un total de 900 kg pour finir là-bas avec un total de 1300 kg incluant les trois mouvements classiques. Pour toutes ces raisons, les dirigeants estimaient que j’avais de grandes chances de rafler des médailles d’or. Ils m’ont alors traité avec le plus grand soin à Cuba en me donnant tout ce que je souhaitais : de la nourriture, de l’argent, une voiture mais ma famille, elle, n’avait rien à manger ! Je ne pouvais même pas leur donner une part de ce que je recevais sous peine d’aller en prison. Ils n’étaient intéressés que par ma personne et seulement pour les résultats que je pouvais apporter. Cela m’a littéralement déprimé et j’étais vraiment malade de cette situation.

Nous devions participer aux jeux Panaméricains à la Jamaïque ainsi notre équipe fut envoyée là-bas. J’avais bien entendu toujours l’intention de m’échapper mais je devais être prudent car la police secrète nous surveillait nuit et jour. J’ai cherché où se trouvait l’Ambassade des Etats-Unis tout en étant effrayé par les risques que je prenais. Un jour, je suis allé au centre ville pour la trouver sans succès, ce qui m’a profondément découragé. Alors que je revenais vers le bâtiment où était réunie toute l’équipe cubaine, quelqu’un m’informa que je devais rentrer à Cuba ! Je n’avais ni chaussures, ni chemise, et je me suis mis à  courir. Un grand nombre de personnes de l’équipe souhaitaient faire la même chose depuis un certain temps mais sans en parler car ils étaient également effrayés. Ils me disaient souvent : « Sergio, que penses-tu du gouvernement ? » et je leur répondais que je n’en pensais rien. Ils me regardaient tout le temps car ils avaient deviné que j’allais tenter quelque chose de même que je me doutais qu’ils allaient essayer eux aussi de faire quelque chose. En fait, on se regardait pour savoir qui allait faire le premier pas et, bien entendu, ce fut moi !

J’ai commencé à courir de plus en plus vite. J’entendais la police secrète me demander ce que je faisais et je leur répondais : « Je vais m’échauffer ! ». Alors que je me retournais tout en courant je pensais apercevoir la police me poursuivre mais en fait j’ai alors aperçu une grosse foule qui courait derrière moi. C’était tout le reste de l’équipe qui courrait derrière mes pas ! Nous avons ainsi dévalé vers le centre à Kensington et nous sommes tombés heureusement sur l’Ambassade américaine. Quand les Marines ont vu cette foule débouler, ils ont ouvert les portes pour nous faire entrer alors que la police secrète était à nos trousses. Mais c’était trop tard pour eux ! Alors que nous étions dans l’enceinte de l’Ambassade, nous nous sommes tous mis à pleurer, à crier et à danser…Nous n’arrêtions pas de crier : « Nous sommes libres !  Nous sommes libres ! ». Les Marines ne savaient pas trop quoi faire de nous et ils ont alors appeler Washington qui leur a dit : ils veulent s’échapper du régime cubain, amenez les à Miami. Ainsi, en deux heures, on nous a transporté à Miami en hélicoptère ».

 

 

 

LEXNEWS : “C’était sûrement mieux que dans un bateau de fortune !”

 

Sergio OLIVA : “Oh ça oui ! Bien mieux et surtout sans les requins ! Vous savez, tout cela s’est passé tellement vite. Je ne pensais pas m’échapper aussi vite parce que j’étais sensé avoir mes trois ou quatre médailles olympiques là-bas comme j’étais le plus fort. Mais je peux vous dire que j’ai préféré perdre toutes mes chances de remporter ces médailles et de gagner ma liberté aux Etats-Unis ! »

 

LEXNEWS : “Vous avez commencé une nouvelle vie en arrivant aux Etats-Unis”

 

Sergio OLIVA : “ Lorsque nous sommes arrivés en Floride, nous avons été très bien accueillis. Ils nous ont trouvé du travail et tout ce qu’il fallait mais je ne souhaitais pas rester à Miami car c’était trop proche de Cuba. Il faut savoir que Fidel Castro était très en colère après moi car il estimait que j’avais embrigadé toute la délégation cubaine dans cette fuite ce qui n’était pas vrai. J’avais juste commencé à courir, seul, ce qui avait donné le signal aux autres de faire la même chose de leur côté. Je voulais donc m’éloigner le plus possible de Cuba. J’en ai fait part à l’un des agents du F.B.I qui m’a répondu que cela ne posait pas de problèmes et m’a demandé où je souhaitais aller. Je lui ai répondu Chicago. Il a paru très étonné par ma réponse et m’a répondu : « Vous n’allez tout de même pas vous rendre à Chicago alors que vous venez de Cuba, un endroit de plage et de soleil alors que Chicago est plein de neige et de vent ! Je lui ai confirmé que je souhaitais tout de même aller à Chicago car, tout petit déjà, j’avais toujours aimé le nom de cette ville même si je ne l’avais jamais vue à la télévision !

Tout le reste de l’équipe s’est éparpillé : certains sont partis en Californie, d’autres à New York et certains restèrent à Miami. C’est comme cela que je suis arrivé à Chicago ! Le jour même de mon arrivée, il s’est mis à neiger. Je suis sorti de l’avion et j’ai reçu des flocons de neige sur ma main et j’ai alors dit : « Jésus Christ ! ». Les autres passagers étonnés m’ont demandé d’où je venais, et je leur ai répondu : de Cuba. Ils ont alors compris et m’ont dit que pendant la nuit, la température allait descendre en dessous de zéro et que je ferai bien de mettre un manteau doublé si je ne voulais pas geler sur place !

C’est ainsi que je suis arrivé à  Chicago, je me suis habitué à ce temps et maintenant vous savez j’ai même appris à l’adorer et je n’aime plus du tout la chaleur ! J’ai également eu tout de suite un bon contact avec les habitants de cette ville qui m’ont accueilli gentiment alors même que je ne parlais pas un mot d’anglais à mon arrivée. Ils avaient trouvé quelqu’un pour traduire les mots que je ne parvenais pas à comprendre. Le jour qui a suivi mon arrivée, j’ai commencé à travailler à l’usine. »

 

LEXNEWS : “Sergio, si vous le voulez bien, venons en à votre entraînement. Vous êtes réputé pour l’intensité de vos séances d’entraînements. Vous aviez des séances très intensives après 10 à 12 heures de travail pénible dans une fonderie !”.

 

 

Sergio OLIVA : “C’était en effet très dur. Je n’étais pas au début concerné par le bodybuilding. Je travaillais comme un animal. Quand il faisait 35° à l’extérieur de la fonderie, l’intérieur pouvait atteindre 200° ! Il faisait très chaud là-dedans. Mais comme je venais de Cuba, c’était plus facile pour moi. Il n’y avait pas à l’époque de temps de travail limité ; Vous travailliez autant d’heures que vous pouviez pour gagner plus d’argent. Ainsi, je travaillais 9, 10 ou même parfois 12 heures chaque jour. Quand j’avais finis mon travail, j’allais directement au YMCA (Young Men’s Christian Association, association chrétienne aux Etats-Unis offrant, entre autre, des possibilités d’entraînements sportifs Ndlr) afin de faire ma séance d’entraînement au poids. Je ne connaissais rien à l’époque aux séances de travail de bodybuilding proprement dites. Je prenais les magazines et comme je n’y comprenais pas un mot, je regardais les photos et m’entraînais à partir de cela… A cette époque John Grimek était en couverture des magazines. C’était mon favori parce qu’il avait un beau physique et qu’il était également fort et puissant. Il y avait également Steve Reeves, un autre de mes modèles en raison de son visage magnifique et de son physique extraordinaire. J’ai ainsi combiné ces deux modèles et ajouté un peu de moi afin d’établir une séance d’entraînement qui me corresponde. En fait, je vais vous dire quelque chose : c’est toujours la même séance que je fais encore aujourd’hui ! Je n’ai pas changé cette séance depuis 40 ans. Cela m’a tellement bien correspondu que je n’ai vu aucune raison d’en changer. Je n’avais demandé de renseignements à quiconque sur la façon de s’entraîner, de poser ou toute autre chose tout simplement parce que je n’en avais pas envie et surtout parce que je n’aurais pas pu le faire en raison de la barrière de la langue.

Je travaillais ainsi au YMCA pendant trois à trois heures et demi et, à peine terminé, j’attrapais un sandwich avant de me rendre directement à un cours du soir à 21 heures pour apprendre l’anglais pendant 2 heures ! Après cela, il était temps de manger un autre sandwich et d’aller au lit car il fallait que je sois debout le lendemain matin à 5 heures pour une nouvelle journée…

En fait, j’ai toujours été actif. Je faisais de la course, de la natation, je m’entraînais même pour une demi-heure. Tout cela est un cadeau de Dieu. Au début, je n’avais pas en tête de faire de la compétition en bodybuilding. Je pensais plutôt à l’haltérophilie. Mais quelqu’un à la salle m’a fait remarquer que je pouvais très bien faire les deux et j’ai ainsi dit : pourquoi pas ! Je me suis inscrit à ma première compétition d’haltérophilie et j’ai remporté le titre. Le même jour, j’ai été dans les coulisses pour me changer et mettre un maillot de pose. Je me suis échauffé puis j’ai grimpé sur la scène et concouru pour le titre de Mr Chicago Junior. Je ne savais rien à rien, le juge me disait de tourner à gauche et je tournais à droite, puis indiquait de se tourner à droite et je me mettais de dos ! Alors qu’il demandait une pose double-biceps, je commençais à fléchir mes jambes ! Mais j’ai tout de même gagné à ma façon parce que j’étais tout simplement le plus développé et le mieux défini de tous les compétiteurs. Vous savez ce n’était pas une compétition de celui qui parlait le mieux anglais ! Les seuls mots que je pouvais dire alors qu’ils me tendaient le trophée c’était : « Merci ». C’est ainsi que tout a commencé ! Je ne pensais pas concourir seulement en bodybuilding à cette époque car je tenais à faire encore des compétitions d’haltérophilie pendant quelques années encore. Et un jour, quand j’ai vu ces photos de Steve Reeves et de John Grimek, je me suis dit : je vais devenir un bodybuilder professionnel. Un des gars à la salle qui était jaloux me dit alors que je ne pourrai jamais devenir l’un d’entre eux puisque je ne parlais pas un mot d’anglais. Je lui ai répondu que j’avais bien remporté le titre de Mr Chicago Junior sans connaître un seul mot d’anglais. Ma détermination était ferme. J’ai ainsi arrêté l’haltérophilie car cela faisait trop avec le travail à la fonderie. Et je me suis mis à me développer, de plus en plus… »

 

LEXNEWS “Quelle était votre attitude mentale pour faire tout cela ?”

 

Sergio OLIVA : “Quand les années ont passé, j’ai pu apprendre toutes ces techniques mentales dont on parle souvent aujourd’hui. Mais vous savez quand vous allez à la salle et que vous passez votre temps à parler, vous n’allez nulle part ! Bien entendu, vous pouvez parler un peu, mais votre concentration doit être dans votre entraînement. Vous devez être très fort également dans votre mental. En fait, je me concentrais sur l’ensemble de mon corps pendant mes séances. Je ne pensais qu’à garder une proportion entre les différentes parties de mon corps tout en me concentrant sur la partie à travailler. C’est pour cela que j’ai réussi, en établissant un équilibre entre toutes les parties de mon corps et cette symétrie m’a rendu célèbre. »

 

LEXNEWS : “La question des stéroïdes et autres produits dopants sont souvent un débat récurrent dans le bodybuilding. Quelle était votre position à l’égard de ces produits à l’époque où vous étiez en compétition et qu’en pensez vous aujourd’hui pour nos jeunes athlètes ?”

 

 

 

 

 

Sergio OLIVA : “A l’époque des années cinquante, il n’y avait pas tous les stéroïdes qui existent aujourd’hui. Bien entendu, nous en avons tous pris mais ce n’était pas les mêmes que ceux de nos jours. Aujourd’hui, c’est une folie totale ! A l’époque, je savais à l’intérieur de moi-même que ce n’était pas bon, c’est d’ailleurs ce qui m’a fait cesser d’en prendre et qui plus est j’ai continué à me développer même en leur absence. C’est pour cela que j’aimerai dire aux jeunes athlètes d’aujourd’hui de rester à l’écart de tout cela ! C’est vraiment quelque chose de nocif et nous savons aussi qu’un grand nombre de bodybuilders en sont morts. Votre foie, vos reins sont touchés par la nocivité de ces produits. Un grand nombre de crises cardiaques sont également causées par l’usage de ces produits. Aujourd’hui, je fais le tour du monde et je dis toujours aux jeunes : Ne prenez pas ces stéroïdes, laissez votre corps se développer de lui-même. Ensuite, lorsque vous deviendrez un professionnel, ce sera à vous de décider de les prendre ou non, mais ce qu’il y a de sûr c’est qu’il faut être accompagné d’un docteur dans ce cas pour vous aider. Il est très dangereux de pratiquer une automédication avec les stéroïdes. Il faut savoir que vous devez faire un contrôle médical touts les 30 jours avec un prise de sang. Qui plus est, le danger est de toujours vouloir augmenter la dose de ces stéroïdes pour grossir de plus en plus. Mais si vous faites ainsi, la plupart du temps vous ne vous entourez plus alors des conseils d’un médecin car celui-ci réaliserait vite qu'à l'évidence que vous ne suivez plus ses conseils.

Pour moi, les stéroïdes et autres substances dopantes sont un réel danger et elles peuvent vous tuer ! »

 

 

LEXNEWS : Vous insistez souvent sur le fait que la diététique et le récupération sont les deux éléments majeurs pour la croissance musculaire. Il est souvent difficile de comprendre ce qu’est une diététique équilibrée. »

 

Sergio OLIVA : “Pour moi la diététique n’est pas un réel problème, vous devez utiliser tout simplement votre tête ! Vous devez sentir quelle diététique vous réussit. J’ai essayé différentes diététiques par le passé mais je ne suis pas très bon sur ce sujet car j’adore manger ! Et quand je travaillais à la fonderie, je n’avais pas à me soucier de diététique parce que je dépensais toutes les calories que je mangeais. J’avais par ailleurs une séance de musculation tellement intense après ma journée de travail et j’étais tellement concentré dans ma pratique du bodybuilding que je n’avais pas vraiment à me soucier de diététique. Bien entendu, et je remercie Dieu pour cela, j’avais assez de chance pour ne faire qu’un régime trois semaines avant le concours et cela suffisait ! Je faisais bien entendu attention à ce que je mangeais mais je ne pratiquais pas une diététique stricte. J’ai appris quelque chose de très simple et de très important : Vous ne pouvez pas faire ce que je fais, et je ne peux pas faire ce que vous faites ! J’ai eu à trouver ce qui fonctionnait pour mon métabolisme tout simplement parce que nous sommes tous différents. Si vous regardez des bodybuilders sur une scène, vous réalisez que leurs corps sont tous différents. J’ai même essayé à une époque le régime de Frank Zane et j’ai été malade pendant un mois ! Mon corps l’a rejeté parce qu’il ne pouvait tout simplement pas faire ce que celui de Frank pouvait faire. Ainsi je devais apprendre ce qui était bon pour Sergio. Il est très important de comprendre son propre métabolisme, certains brûlent tout ce qu’ils mangent alors que d’autres vont stocker toutes ces calories. Vous devez devenir comme un docteur et voir ce qui est bon pour vous. Je crois qu’il est très important pour les jeunes athlètes de comprendre cela et de ne pas copier aveuglément les diètes et les entraînements de leurs champions favoris. C’est même la pire chose à faire ! Vous devez tester pendant une période de 6 mois par exemple différentes démarches et étudier et apprendre par votre propre expérience. C’est ainsi que je suis devenu ce que tout le monde a pris coutume d’appeler un « mythe » parce qu’avec de bonnes dispositions génétiques, j’ai eu recours à une façon de m’entraîner très fondée sur les sens, c'est-à-dire ce que je ressentais par l’expérience. C’est ainsi que j’ai atteint cette perfection de la symétrie, de la proportion, de la taille, etc. »

 

 

LEXNEWS : “Quelle est votre position sur la prise de protéines et son éventuelle surdosage ?”

 

Sergio OLIVA : “Je n’ai jamais pris des protéines en surdose. J’en prenais bien sûr avec des acides aminés mais vous savez vous ne pouvez pas vous asseoir et vous dire que les protéines vont faire le travail pour vous. Je vais vous faire la même recommandation que tout à l’heure : apprenez à observer ce qui est bon pour vous. En ce qui me concerne, prendre trop de protéines ne m’a jamais réussi. Quand j’en prenais trop, j’allais à la salle et je me sentais trop lourd pour réaliser mes séances intensives. Je préférais dés lors en prendre moins que trop. »

 

LEXNEWS : “Vous avez connu la plupart des grands bodybuilders de l’âge d’or : pouvez vous nous rappeler quelques souvenirs de certains d’entre eux ? »

 

Sergio OLIVA : “Steve Reeves était extraordinaire. C’était un vrai gentleman et il avait un physique impressionnant. Nous avons voyagé ensemble à travers le monde et nous sommes même venus dans votre pays en France ! John Grimek, Steve Reeves et moi-même avons fait une grande tournée en Europe et ce fut fantastique. Nous avons souvent conversé ensemble et Steve était quelqu’un de vraiment gentil, il ne se prenait pas pour un dieu ! John Grimek était également très sympathique et avait un physique superbe. J’ai beaucoup appris d’eux. Je me souviens d’une compétition pour le titre de Mr Univers. J’étais très malade après avoir mangé quelque chose de mauvais. Et John Grimek accompagné de Serge Nubret sont venus me voir et m’ont dit : Allez ! Tu n’as rien à faire, mets toi juste un peu d’huile et échauffes toi un petit peu et tout sera ok ! C’est ce que j’ai alors fait : j’ai fait seulement 3 poses et je suis devenu Mr Univers ! Grâce à eux, j’ai pu concourir et gagner ce concours. Serge Nubret est un de mes amis personnels. Nous avons le même prénom ! Le haut de son corps est si magnifique. Si Serge avait eu de très grosses cuisses et mollets, il aurait battu tout le monde sur la planète. Il avait une telle proportion, une ligne superbe et en plus il avait une fière allure. C’est vraiment quelqu’un très très sympathique. Arnold Schwarzenegger est également un de mes amis. Nous avons été opposé l’un à l’autre dans les compétitions. Je me souviens d’une compétition que je n’ai pas gagnée en 1972 à Essen. En fait, les juges ont littéralement donné le titre à Arnold parce qu’à cette époque je n’étais plus en bons termes avec Joe Weider. Et Arnold a admis qu’il ne méritait pas de gagner parce qu’il savait qu’à cette époque personne ne pouvait me battre. J e savais que j’étais à mon meilleur même si je savais qu’ils n’allaient pas me donner le trophée. Cela ne m’empêche pas de voir chaque année Arnold et nous parlons ensemble avec grand plaisir. Il est devenu quelqu’un d’important et en plus il représente de manière idéale notre sport ! »

 

LEXNEWS : “ Quel est votre entraînement aujourd’hui ?”

 

Sergio OLIVA : “Je m’entraîne exactement de la même manière que dans les années cinquante ! Bien entendu, je n’utilise pas autant de poids et je ne fais plus 3 heures d’entraînement, mais je continue à travailler du lundi au vendredi, à raison d’une séance d’1,5 ou 2 heures. Mais je fais toujours la même séance avec des poids plus légers. Vous savez j’ai eu dans ma vie 18 blessures dans tout mon corps (coiffe des rotateurs, jambes cassées,…) mais je continue à travailler en sachant ce que je peux encore faire et ce que je ne peux plus faire. Je ne force jamais sur une blessure. »

 

« Merci Sergio pour ce beau témoignage d’une vie dédiée à votre passion, d’une vie trépidante qui devrait nous faire un peu relativiser ce que nous estimons être une vie stressante de nos jours ! Notre Revue et tous ses lecteurs vous souhaitent encore de très longues séances d’entraînement ! »

 

 

 

Un message de Sergio pour nos lecteurs :

 

Read, take your time, find a good routine, stay away from steroids, find what kind of metabolism you’ve got. Put it together and see how far you can go between you and God!”*

 

 

 

*(Lisez, prenez votre temps, trouvez la bonne manière de vous entraînez, restez éloignés des stéroïdes et trouvez quel métabolisme vous avez. Assemblez tout cela et vous verrez jusqu’où vous pourrez aller entre vous et Dieu !)

 

Le manuel du "Mythe" écrit par lui et Frank Marchante est disponible sur le site de Sergio : www.SergioOlivaTheMyth.com Un livre complet sur tous les aspects de l'entraînement par celui qui fut Mr Olympia, Mr World, Mr Universe et l'un des plus prestigieux bodybuilders de cette discipline ! (Les photos visibles sur cette interview peuvent également être commandées sur le site de Sergio et autographiée par lui : www.sergiooliva.com)

A lire l'interview de Frank Marchante sur ce livre qui a ouvert un débat aux USA : 

www.bodybuilding.com/fun/frank_marchante_interview.htm

 

En forme avec SVELTUS  pour une nouvelle année!

 

Naguère très utilisé dans toutes les salles de gymnastique, le Medecine-Ball avait disparu depuis longtemps des salles et des équipements personnels jusqu’à un récent retour en force parallèlement aux élastiques (ex Sandows). Il est, en effet, grand temps de redécouvrir et de profiter de tous les bienfaits qu’offre cet accessoire on ne peut plus simple, peu onéreux et particulièrement efficace.

Le Medecine-Ball Gel de SVELTUS a une esthétique moderne en Gel, agréable au toucher et strié pour une adhérence optimale. Idéal pour une séance d’abdos (essayez quelques relevés de buste avec ce Medecine-Ball sur la poitrine !) mais aussi pour des mouvements plus amples faisant intervenir les bras, les épaules, le dos, ainsi que les jambes avec des flexions répétées… Les combinaisons ne sont limitées que par l’imagination du pratiquant ainsi que sa résistance ! Le Gel a le grand avantage d’empêcher le rebond sur le sol. Chaque couleur est associée à un poids du jaune (1kg) au noir (5kg), il y en a de toutes les couleurs !

Pour une séance un peu plus intensive, les Haltères à mains vinyle seront le choix idéal. Ces haltères offrent le grand avantage de ne pas occasionner de bruit métallique pouvant gêner l’entourage. Elles sont robustes et également déclinées en toutes les couleurs selon leur poids : de 500 gr à 5 kg ; l’éventail est large et autorise ainsi toute une série d’exercices progressifs couvrant quasiment tout le haut et le bas du corps. Un poster pour les haltères à mains est également élaboré par SVELTUS et propose 20 exercices à réaliser avec ces poids pour faire travailler tous les muscles du corps : à afficher au mur pour ne pas oublier les bonnes résolutions !

Il ne manque plus qu’un bon tapis pour pratiquer tous ces exercices. Le tapis pliable SVELTUS de couleur bleu est l’accessoire malin qui trouve toujours un petit endroit pour se loger. Résistant et amortissant à la fois, il est doté d’une poignée pour le transporter partout facilement. Valeur sûre de la marque, ce sera le compagnon idéal de toutes vos séances pour la nouvelle année !

 

 

 

SERGE NUBRET

Découvrez le dernier livre de Serge NUBRET !

Serge Nubret "Je suis, moi & Dieu" Édition Publibook, 2007.

Serge Nubret est l’illustration parfaite de la symbiose de l’adage antique « men sana in corpore sano ». Ayant repoussé au plus loin les limites du corps humain, cet athlète exceptionnel a su, très tôt, prendre conscience de la nécessité d’une réflexion et d’une introspection sur sa démarche, et de manière plus générale sur notre destinée. Son premier essai fait preuve d’une maturité impressionnante tant le recul sur lui-même opéré par l’auteur dénote une prise de conscience sur le monde et la spiritualité hors norme dans le milieu sportif dont il est issu. Si l’ancien sportif ne peut échapper aux préjugés indissociables au culte du corps, il démontre dans ce livre que le corps, même surdéveloppé, ne saurait atrophier le propre de l’homme, à savoir sa capacité de porter un regard sans concessions sur lui-même et sur notre société. Très profondément empreint de foi catholique dans laquelle il a baigné dés son plus jeune âge, ce guadeloupéen d’origine a su interroger sa foi en fonction de ses expériences personnelles. Mystique à n’en point douter, l’homme a visiblement une expérience très intime de la croyance, avec tout ce que cela comporte d’extase, de doutes et de remise en question. Serge Nubret n’est pas un optimiste forcené pour qui tout ne serait que question de volonté, volonté dont il a démontré la force par ailleurs dans le milieu sportif. Il n’est pas de ces optimistes qui ne doutent pas sur l’espèce humaine mais, au plus profond de lui, scintille une flamme, celle qui lui fait dire qu’à l’orée d’un horizon bouleversé l’espoir fondé sur l’amour des hommes et de leurs liens sociaux permet d’espérer un sursaut fondé sur la foi. A mi-chemin entre conte initiatique, (Serge Nubret y excelle), et réflexion spirituelle, l’auteur nous invite à un formidable parcours sur ce que pourrait devenir l’espèce humaine si, un jour, cela s’avérait vrai…

Pour toute commande du livre  

www.sergenubret.com

 

 

Le DVD tant attendu du grand champion Serge Nubret est enfin disponible !

Pouvoir suivre les conseils d’un grand champion en direct est rarement chose possible. C’est maintenant chose possible avec une vidéo tournée aux Etats-Unis qui était jusqu’alors introuvable en France et qui est désormais disponible en DVD. Serge Nubret prend en main une jeune femme visiblement en surpoids.

6 mois après les résultats sont extraordinaires ! Nous la rencontrons à ce stade où elle a perdu suffisamment de poids pour entreprendre une musculation grâce aux conseils du grand maître… Serge Nubret y développe sa fameuse méthode des 3 forces, sans lesquelles un grand nombre de pratiquants ont perdu, perdent et perdront encore leur temps dans les salles à se désoler de ne pas progresser... La puissance mentale y joue un rôle fondamental : soulever la fonte mécaniquement ne suffit pas à elle seule. Il faut véritablement mettre en œuvre une force qui relève de ces exemples extraordinaires relatés dans les faits divers où une femme est capable de soulever une voiture pour dégager son enfant emprisonné ou bien un homme capable de résister à une eau très froide pendant des heures après un naufrage. La force de la méthode de Serge Nubret réside là , dans le fait d’insister beaucoup sur cet aspect des choses, fait trop souvent ignoré dans les entraînements classiques. Même si Serge ne cache pas ses profondes convictions religieuses, cette force n’implique pas obligatoirement un ésotérisme qui pourrait effrayer, il suffit pour s’en convaincre de constater le nombre croissant d’athlètes de haut niveau qui aujourd’hui pratiquent cette approche très naturellement dans leur entraînement et qui repose sur une visualisation et une représentation mentale sans limites.

La méthode exposée est particulièrement pédagogique : Le grand champion est en effet un enseignant né et ses conseils prodigués sont immédiatement compréhensibles. Il n’hésite pas à offrir ses instructions de manière très précise. Le programme est expliqué en détail, exercice après exercice, set après set et répétition après répétition. La pratiquante s’exerce sous le regard de son professeur, lui-même démontrant les exercices. Serge Nubret est d’une rigueur redoutable dans le respect de la forme pratiquée quant aux exercices. Véritable puriste, il insiste sur le fait de parfaitement exécuter les mouvements plutôt que de ne penser qu’au volume de poids soulevé… à bon entendeur !

Tout le corps est concerné dans les programmes proposés en respectant les règles de repos, l’alimentation ainsi que l’entraînement cardio.

Le DVD se poursuit avec un séminaire passionnant tenu par Serge Nubret en 1975 en Australie Méridionale (Adélaïde). Tous les sujets du bodybuilding sont abordés par le grand champion qui n’hésite pas d’ailleurs à répondre aux questions les plus diverses. La bande-son est doublée par de superbes vidéos inédites du grand bodybuilder qui pose sur scène et sur de belles plages ensoleillées !

 Toutes les photos du seul et unique Serge Nubret sur des CD ?

C’est possible avec ces 2 CD disponibles sur

 www.sergenubret.com

  

GALERIE PHOTO SERGE NUBRET
Voici un CD qui contient plus de 1500 photos et qui permet de retrouver Serge Nubret dans sa vie privée et professionnelle. Ces 1500 photos retracent le parcours incroyable de cet athlète hors du commun entré dans la légende du bodybuilding. Une collection exceptionnelle et inédite !

NUBRET VU PAR DENIE CD
Parce que Serge Nubret est un artiste, il lui fallait également le point de vue d’un artiste pour le représenter…Ce CD Photo regroupe plus de 400 photos prises par Denie, le grand photographe. Il a suivi Serge tout le long de sa carrière de culturiste et a livré des prises de vue littéralement incroyables. Si le bodybuilding est l’art de sculpter son corps, nul doute que la photographie est une discipline artistique indissociable de cette pratique afin de graver pour l’éternité ces sculptures vivantes. Une collection unique comportant plus de 400 photos à regarder comme source d’inspiration ! 

Les plus belles prises de vue de Serge Nubret en tirage photos de qualité chez vous ! Il est désormais possible de recevoir de magnifiques photos de légende prises par Denie ou encore Art Zeller avec de superbes tirages papier photos de qualité en format 8 x 10. A commander directement sur le site de Serge Nubret

 

 

Serge NUBRET prépare le 1er concours de Bodybuilding sur Internet !

Découvrez le en exclusivité sur son site : http://www.sergenubret.com/muscleawards

 

 

 

 

 

 

PEARL & DRAPER DVD Seminar, Santa Cruz, California, livret de 32 pages, 75 mn, DVD, 2005.

 

Un DVD pour la forme

avec les meilleurs coachs !

 

Un séminaire complet de 75 minutes animé par deux légendes vivantes du bodybuilding vous tente ? Avec le PEARL & DRAPER Seminar en DVD, c’est chose possible ! Accompagné d’un livret de 32 pages contenant un entretien exclusif entre Dave Draper et Bill Pearl, les deux icônes de l’age d’or du bodybuilding américain, ce DVD est une véritable source d’inspiration pour tous les passionnés de la fonte. Abordant de nombreux thèmes avec une approche pleine d’humour et en même temps passionnée, nos deux compères n’ont rien perdu de leur verve pour leur sport préféré. Ils n’hésitent pas à nous faire partager généreusement leurs expériences en revenant sur les mythes incontournables de la pratique de la fonte et en même temps en insistant sur les éternelles vérités.

Un troisième personnage illustre rejoint les deux animateurs du DVD en la personne d’Ed Corney, visiblement en meilleure forme après le sévère accident cardiovasculaire qui le clouait sur une chaise roulante jusqu’alors. Grâce à ces expériences incontestables, ce sont les meilleurs conseils en matière d’entraînement, de diététique, de repos,… qui nous sont livrés à titre de témoignages. Un DVD à recommander à tous les nostalgiques des pionniers de la fonte !

Pour tous renseignements :

disponible sur : www.davedraper.com

 

 INTERVIEW FRANCO COLUMBU

 

LEXNEWS a eu le plaisir d’avoir une interview exclusive de Franco COLUMBU pour nos lecteurs. Grand champion d’haltérophilie puis de bodybuilding, ce natif de Sardaigne, émigré en Californie avec son ami, un certain Arnold Schwarzenegger, a conquis une à une les marches du succès pour terminer comme thérapeute réputé en chiropractie avec le titre de docteur et un Ph.D. en nutrition, acteur de cinéma et de TV... Ses conseils avisés sont un témoignage intéressant dans l’univers sportif actuel, où très souvent les informations contradictoires s’opposent. Découvrons avec ce champion humble et plein d’humour les arcanes du corps humain et le moyen d’en tirer le meilleur parti ! 

LEXNEWS : « Quel était votre premier objectif quand vous avez commencé à soulever des poids en Sardaigne, et pensiez vous à cette époque que cela allait devenir votre future activité professionnelle ainsi que  votre vie ?” 

Franco COLUMBU: « En fait, tout cela a été très surprenant : Quand j’avais entre 14 et 16 ans, en Sardaigne, nous avions pris l’habitude avec des camarades de soulever des rochers en granit ! Nous les soulevions au dessus de la tête et je faisais ainsi des compétitions avec les autres enfants. Comme je parvenais déjà à soulever des rochers assez lourds, les autres essayaient toujours d’aller plus loin, et bien sûr, je relevais tout le temps les défis…Un peu plus tard, après ces challenges locaux, j’allais à un endroit en Sardaigne du nom de Nuoro où ils recherchaient de nouveaux talents, de jeunes haltérophiles qui ne s’étaient jamais entraînés sérieusement auparavant. Je décidais alors de me lancer dans l’aventure ce qui m’a valu mon premier article dans un journal : C’était en effet la première fois que je participais à un tel évènement et que je gagnais dans cette ville ! » 

LEXNEWS : “C’était ainsi votre première victoire dans une compétition ?” 

Franco COLUMBU: « Oui, tout à fait ! C’était ma toute première compétition parmi des inconnus… Avec le recul, je réalise que je soulevais ces poids avec une mauvaise technique mais j’avais néanmoins remporté la victoire et c’est cela qui m’importait ! J’étais parvenu à soulever 90 kg au dessus de la tête pour la première fois.  Je réalisais alors qu’une nouvelle voie s’ouvrait à moi : Etre le plus fort et gagner !

J’ai parallèlement appris la boxe et je suis parti alors en Allemagne. J’avais 18 ans lorsque je me suis mis à pratiquer régulièrement l’haltérophilie à Munich. Je pratiquais alors les mouvements olympiques de base en haltérophilie. Je suis alors devenu rapidement l’un des plus forts dans cette discipline. Un soir, j’ai gagné un championnat d’haltérophilie à Stuttgart, et cette même soirée un certain Arnold Schwarzenegger allait gagner la compétition de bodybuilding Mr Europe sur la même scène !  

LEXNEWS : “ Ce fut votre première rencontre ?” 

Franco COLUMBU: « Oui, j’ai reçu mon trophée sur la scène et je lui ai alors demandé : Qui est tu ? Je connais pourtant tout le monde en Allemagne et il m’a répondu : Non, non, je suis d’Autriche ! Jusqu’alors, je pratiquais un peu le bodybuilding mais pas pour la compétition puisque je concourrai en haltérophilie. Mais lorsqu’il revint à Munich quelques mois plus tard, nous avons commencé à nous entraîner ensemble. Dés lors, nous avons fait des compétitions dans les deux disciplines, et de 1966 à 1968, nous avons gagné les championnats d’haltérophilie en Europe et j’ai débuté alors en bodybuilding. Arnold était bien sûr au dessus de moi pendant ces années. Mais en 1968, j’ai participé et remporté ma première compétition de bodybuilding avec le titre de Mr Italie. C’est finalement ce qui m’a poussé à continuer dans le bodybuilding parce que je ne m’attendais pour ma première compétition qu’à une dixième place et je terminais en remportant la victoire ! J’étais totalement excité par tout ce qui m’arrivait : Quelques mois plus tard, en septembre de la même année, je participais et remportais Mr Europe à Bruxelles. En octobre, j’allais à Londres et je parvenais à me classer second pour la compétition Mr Universe. Ces résultats arrivaient si rapidement que je ne pouvais pas faire autrement que poursuivre dans cette voie. Comme j’avais remporté tous les titres d’haltérophilie d’Europe que je pouvais gagner, je décidais alors d’abandonner la compétition et de ne plus me consacrer qu’au bodybuilding, ce qui me passionnait alors ! En 1970, j’ai remporté le titre de Mr Universe à Belgrade. Et je vais vous raconter une histoire inédite dont je n’ai encore jamais parlée ! Et vous allez être surpris…En 1971, il y avait une compétition Mr Universe à Paris. J’y participais et remportais le titre. Mais un juge avait appris que je vendais par correspondance des fascicules d’entraînement à la musculation que j’écrivais. Il estima alors que je devais être disqualifié puisque la compétition était destinée aux amateurs. Et c’est ce qui m’est arrivé ! Ils m’ont disqualifié uniquement parce que je faisais un peu d’argent avec ces fascicules. L’un des organisateurs était Serge Nubret, le grand champion français. Je lui ai dit : Eh ! Regarde ce qu’ils sont entrain de me faire ! Mais il ne put rien faire car il ne faisait qu’organiser la compétition et n’avait pas d’action sur les juges. Il se sentit très embêté de ce qui arrivait parce que nous étions amis et que nous avions l’habitude de nous entraîner ensembles. Et en plus, il avait honte que cela se passe dans son propre pays. C’est à partir de ce triste évènement que je décidais de passer professionnel. D’une certaine manière, cette mauvaise expérience a accéléré ma carrière et m’a permis dés lors de vendre plus de livres et de gagner plus d’argent ! C’est pour cela que je vous raconte tout cela pour la première fois parce que votre Revue est française et cela m’a rappelé tous ces souvenirs ! En 1975, j’ai gagné le titre de Mr Olympia et j’ai toujours pensé que si j’étais resté plus longtemps en amateur, je n’aurai peut être jamais gagné ces compétitions majeures dans notre sport ! » 

LEXNEWS : “ Merci pour ce scoop Franco, ne regrettons pas en effet cette décision d’un juge qui vous a finalement rendu service sans le vouloir ! Quelle est pour vous la qualité majeure que vous observez dans le bodybuilding et qu’est ce que cela vous a apporté ?”  

Franco COLUMBU: « J’ai toujours été un peu différent des autres bodybuilders. Très souvent, la majeure partie d’entre eux recherchaient seulement la symétrie ou le fait d’avoir une partie du corps la plus développée. En ce qui me concernait, je n’ai jamais eu une approche unitaire. En fait, j’avais toujours cinq choses présentes à l’esprit : Tout d’abord, vous devez avoir une apparence la plus agréable face au public. Je vois souvent lors des poses des têtes grimaçantes d’effort et cela n’est pas du tout indispensable, loin s’en faut. Cela ne vous fait pas avoir un corps plus musclé ! La deuxième chose importante est l’apparence de votre peau. Trop de personnes ne prêtent pas assez attention à cela et n’ont pas une peau saine et bronzée naturellement. En 1981, quand j’ai gagné Mr Olympia, j’avais pris l’habitude de sortir dehors et de me mettre au soleil afin d’obtenir un hâle naturel. Tout le monde me demandait quelle lotion j’utilisais alors que c’était seulement le soleil ! La peau doit véritablement apparaître saine, c’est la première chose que l’on voit d’une personne. Le troisième critère essentiel pour moi est la proportion : Parvenir à ce que tous les muscles soient développés de manière harmonieuse. Je ne voulais pas avoir le haut du corps surdéveloppé et ne pas avoir de mollets par exemple. Avec cela à l’esprit, je décidais tout de même de développer une partie de mon corps jusqu’à une certaine limite, (celle de la proportion), afin d’être le meilleur. Dans le fameux film « Pumping Iron », vous pouvez me voir avec mes fameux muscles dorsaux qui faisaient dire à Dany Padilla : Il pourrait voler ! Mais j’insiste sur ce point pour vos lecteurs, il ne s’agit pas d’apparaître horrible avec un corps déséquilibré, mais de rechercher cet équilibre difficile à atteindre. Je pense qu’il y a une chose importante que les lecteurs européens peuvent apprendre de ma propre expérience.

 

En 1976, j’ai gagné le titre de Mr Olympia, mais mes bras n’étaient pas les meilleurs, parce que vous savez, dans cette compétition, je me trouvais avec des gabarits de 120 kg alors que je ne faisais moi-même que 95 kg. J’ai remporté cette compétition mais certains soulignèrent que d’autres avaient des plus gros bras que les miens. Ainsi, en 1981, 5 années plus tard, je me suis souvenu de ce problème des bras alors même que les juges pour cette nouvelle compétition étaient quasiment les mêmes qu’en 1976 ! Quelques uns d’entre eux ne m’appréciaient pas et je me suis dit : tu ferais mieux d’améliorer la qualité de tes bras ! C’est ce que j’ai fait, et c’est de cela que vos lecteurs peuvent tirer profit ! Je n’ai entraîné que mes bras pendant deux mois en oubliant tout le reste du corps. J’arrivais alors à concentrer toute mon énergie et mon sang seulement dans ces bras et cela m’a permis de gagner 1.5 inch (3.8 cm) en deux mois seulement ! Et cette façon de m’entraîner m’a permis de rendre mes bras compétitifs avec mes pectoraux et mes dorsaux. » 

LEXNEWS : “C’était une sorte d’entraînement prioritaire ?” 

Franco COLUMBU: « Oui, absolument ! C’était un entraînement prioritaire de mes faiblesses. C’est quelque chose de très important. Et à partir de là, pour les trois ou quatre mois restant jusqu’à la compétition, j’ai réentrainé tout le reste du corps et mes bras sont restés épais. Le jour de la compétition, certains juges ont décidé de me présenter parmi des gros monstres avec des bras énormes. Alors que j’allais sur le côté de la scène, ils ont décidé de me placer au milieu ! Je regardais autour de moi et je me disais : Oh mon Dieu ! Il y a tous ces gars avec les meilleurs bras du monde autour de moi… Au dernier moment,  il y eut une pose (double biceps pose) et lorsque je m’appliquais à la réaliser je me rendis compte que tous me regardaient en se demandant ce qui se passait, y compris les gros compétiteurs autour de moi. En fait, tout ce travail avait fini par payer, c’était le résultat de ces deux mois de dur travail. L’un des juges a été tellement furieux qu’il a décidé de ne pas me faire revenir sur scène !  Je pense qu’il s’agit là d’un enseignement plus général dont tout le monde peut tirer profit : Tout le monde sait comment faire des séances d’entraînement et des curls pour ses bras, mais il y a une chose importante : Prendre conscience et tirer profit des enseignements et erreurs passés.

Une autre qualité importante est d’avoir une bonne routine de poses. Cela permet de montrer très efficacement les différents groupes musculaires. Si vous prenez Ed Corney par exemple, il était réputé pour sa routine de pose. Mais j’avoue que j’ai un point de vue différent sur la question : Pour moi, il n’était pas aussi bon qu’il ne le prétendait. Tout le monde me disait que j’étais fou de dire cela. En fait, si sa routine était bonne, cela lui permettait de faire croire à un corps plus musclé qu’il n’avait en réalité. S’il était resté immobile, cela aurait souligné ses faiblesses de volume. Cela lui a permis bien sûr de faire une bonne carrière, mais cela ne lui a pas permis de gagner les titres majeurs de la discipline.

La dernière chose importante est le système d’entraînement. Cela ne veut surtout pas dire qu’il faille s’entraîner le plus possible. Le corps n’a pas assez d’énergie  pour se surentraîner sans risque. La meilleure chose à faire est d’être sur que lorsque vous vous entraînez vous faites le choix des meilleurs exercices pour votre corps et que vous ne perdez pas votre temps à des exercices qui n’ont aucun effet sur votre corps. Sinon, cela vous fera gâcher cette précieuse énergie indispensable à votre développement. »  

LEXNEWS : “ Pouvez vous nous expliquer les avantages de la chiropractie pour le sportif aujourd’hui ?” 

Franco COLUMBU: « Je vais prendre un exemple pour répondre à votre intéressante question. EN 1976, quand j’ai remporté la compétition Olympia, j’avais l’habitude de m’entraîner 3 heures le matin et 1 heure le soir afin de remporter la victoire. Cela fait près de 4 heures quotidiennes ! J’ai alors appris la chiropractie et le métabolisme du corps. En 1981, je ne me suis entraîné que deux heures et demi pour remporter la compétition Mr Olympia grâce à ce que m’avait appris la chiropractie sur l’anatomie humaine. Et je dois avouer que ces heures réduites m’ont permis d’être en meilleure forme qu’auparavant ! La raison est que lorsque vous apprenez la chiropractie, vous apprenez l’importance de l’anatomie bien sûr, mais aussi celle de la nutrition et des aliments. J’ai réalisé combien d’erreurs j’avais pu alors commettre par le passé et  certains exercices que je n’aurais jamais du faire ! »  

LEXNEWS : “Vous vous êtes rendu compte que certains exercices pouvaient être dangereux ? » 

Franco COLUMBU: « Absolument ! Dangereux ou inutiles. Je vais vous donner un exemple. La majeure partie des personnes font des flexions des bras (curls) avec une barre et leurs mains se trouvent placées les paumes en avant. Et lorsque vous étendez vos mains pour réaliser la flexion, le coude se trouve dans une position rectiligne, tourné vers l’avant, ce qui n’est pas sa position naturelle ! La position naturelle du coude se trouve être de chaque côté du corps, les paumes de la main se faisant face lorsque l’on marche. Et grâce aux connaissances obtenues par la chiropractie, j’ai pu faire le même exercice avec des haltères. Je débute le mouvement avec les paumes de la main face à face le long du corps comme lors de la marche, dans une position naturelle, je saisis les poids sans les tourner vers l’avant et je les soulève en respectant une trajectoire naturelle sans contrainte jusqu’à ce qu’ils se dirigent vers la poitrine en les tournant vers l’intérieur. Et ce mouvement devient alors beaucoup plus naturel tout en éliminant les douleurs de coude ! Je vous donne un autre exemple : Prenez le squat par exemple (flexion des cuisses avec une barre chargée). Le genou est conçu seulement pour se fléchir. Il est ainsi fait pour marcher droit et se pencher uniquement en avant. Eh bien lors d’un squat, n’oubliez pas que la plupart des personnes, y compris les haltérophiles, exécutent  cet exercice avec leurs jambes très écartées. C’est une catastrophe qui détruit le genou ! Ce n’est tout simplement pas un mouvement naturel. Au lieu de cela, il faut se placer de la même façon que l’on marche, les pieds légèrement écartés (la largeur d’un pied environ), fléchir les jambes et sentir le mouvement qui vous est le plus naturel. La chose la plus importante à comprendre est de ne pas pratiquer des exercices faisant intervenir un mouvement qui n’est pas naturel au corps et aux muscles.

C’est exactement le même problème que l’on retrouve pour le yoga. Vous vous asseyez, et vous étirez une jambe en face de vous alors que l’autre se trouve repliée sous vos fesses. Et vous vous mettez à pousser sur vos genoux vers les côtés et vers le sol et cela peut entraîner très souvent des douleurs aux genoux. Le ligament externe du genou se trouve alors trop étiré. Je recommande alors à mes patients : Faites votre yoga avec les deux jambes en face de vous, dans une position droite. Les genoux ne sont pas faits pour être tordus vers le coté. Je crois qu’il est fondamental de bien comprendre l’anatomie. »  

LEXNEWS : “ Pouvez vous nous parler de l’importance de l’alimentation et de la nourriture aujourd’hui ?” 

Franco COLUMBU: « Si vous prenez le cas d’une personne avec un bon métabolisme, comme celui que j’avais lorsque je faisais des compétitions, je donnerai un critère d’importance de 40% à l’alimentation et 60% à l’entraînement. Pour des individus ayant un moins bon métabolisme, cela sera plutôt de l’ordre de 50% – 50%. Ainsi, même si vous avez un très bon métabolisme, et que vous vous entraînez dur, la nourriture que vous mangez

 

compte pour 40% dans votre réussite. Prenons un exemple, un grand nombre de personnes pratique des régimes très stricts et ces régimes ne marchent pas parce que le corps devient très vite choqué. Par ailleurs, un grand nombre de bodybuilders mange trop de protéines et pas assez de glucides. Et cela ne marche pas plus ! Voici ce que j’ai appris grâce à mon expérience : Quand vous vous entraînez pour gagner du muscle, vous devez consommer des protéines. Les muscles sont en effet construits grâce aux protéines. Ainsi vous n’avez plus qu’à prendre des protéines en plus, ce qui parait très simple. Mais quand vous allez à  la salle afin de vous entraîner et d’avoir suffisamment d’énergie, vous devez manger des glucides. Si vous prenez Frank Zane, il était toujours entrain de faire des régimes, je lui en faisais souvent la critique d’ailleurs en lui disant : Oublie les régimes et va à la salle ! En fait, ma stratégie était d’avoir suffisamment de protéines pour construire du muscle, tout en sachant que l’apport de ces protéines doit être continu sur la période de 24 heures. Autrement dit, vous avez besoin d’un apport 4 fois et peut être même 5 fois par jour selon les cas. Mais vous devez absolument manger des glucides avant d’aller à la salle. Ainsi, si vous décidez de vous entraîner entre 15 et 18 heures, il est alors idéal de consommer suffisamment de glucides vers 13 heures. Vous pouvez manger des pâtes, du riz, des pommes de terre et pas trop de protéines parce qu’elles sont lourdes à digérer dans l’estomac. Quand vous avez votre séance d’entraînement, et que vous ne vous entraînez plus le soir, alors mangez des protéines et pas de glucides. C’est en effet le soir que le corps construit le muscle grâce aux protéines, même pendant votre sommeil. Et si vous mangez des glucides, cela ne vous aidera pas à vous entraîner et cela sera transformé en réserve et en graisse. » 

LEXNEWS : “ Ne pensez vous pas qu’un trop grand apport de protéines peut être dangereux pour la santé ? » 

Franco COLUMBU: « J’ai étudié la biochimie pendant 3 ans afin de résoudre cette question. Et voici ce que j’ai trouvé : Prenez une personne de 100 kg. Avec ce poids, cette personne a décidé de s’entraîner un peu afin de conserver sa silhouette sans chercher à gagner du muscle supplémentaire. Et bien dans ce cas, l’apport total de protéines par jour devrait être de l’ordre de 100g sur la base d’1g de protéine par kilogramme de poids de corps. Cela vous donne un ordre d’idée idéal. Si je décide de m’entraîner disons 3 heures par jour et que je décide de gagner le maximum de muscles possible, je prendrai alors, toujours pour ce poids corps de 100kg, les 100g de base + 25g. Ces 25g en plus de protéines ne sont à prendre que si vous décidez  de vous entraînez 2 à 3 heures par jour, sinon oubliez ! Avec cela vous gagnerez du muscle. Mais, il y a cependant un autre problème ! Ces protéines supplémentaires ont en effet besoin d’être transformées en muscle et pour cela vous avez donc besoin de  plus de vitamines B6 ! Qui plus est, lorsque vous prenez plus de protéines, votre métabolisme perd plus de cartinine et vous devez donc prévoir des suppléments ! Ainsi si vous dites : Eh bien je vais prendre plus de protéines afin d’être plus musclé, cela ne marche pas comme cela parce que tout cela est bien plus compliqué qu’il n’y parait. Une autre chose encore : Le corps ne produit pas suffisamment d’acide hydrochlorique et d’enzymes pour ces 25gr de protéines supplémentaires, de ce fait vous n’avez plus qu’à en prévoir également en suppléments. Ainsi, si vous prenez trop de protéines, mettons 50g voire plus, vous perdez tout simplement le bénéfice de ces protéines et en plus vous obtiendrez une putréfaction de la choline et finirez avec de la graisse supplémentaire dans le corps. Tout cela n’est bien sûr pas bon du tout. Vous ne devez manger que ce dont vous avez besoin pour vous entraîner et qui est utilisé par votre métabolisme. En fait, tout cela est très précis et il ne s’agit pas d’approximations. Il faut bien se rendre compte que si ces apports de protéines sont trop élevés par rapport à l’entraînement, cela ne sera pas bénéfique et ne donnera pas des muscles en plus. A l’arrivée, cet excès de protéines va stresser les organes.

Il faut donc faire ainsi : découvrir pour chaque individu l’apport maximal de protéines à effectuer selon l’entraînement suivi. Par exemple, si vous vous entraînez 1 heure cela pourra être 10g, pour 2 heures : 20g et pour 3 heures : 25g, mais vous ne devez certainement pas atteindre des chiffres de 50g, 100g, voire plus.

Il faut aussi tenir compte de la nature de ces protéines : Quelle sorte de protéines ? Il faut absolument obtenir les meilleures sources de protéines, cela est plus important que leur quantité. Les meilleures protéines peuvent être obtenues dans les œufs, le poisson, et la viande. Il faut bien réaliser que les protéines en poudre ne sont pas aussi bonnes que celles naturelles. » 

LEXNEWS : “ Quelles sont les pathologies que vous constatez le plus dans votre cabinet de chiropractie ? » 

Franco COLUMBU: « J’observe beaucoup de blessures des épaules chez mes patients qui viennent consulter dans mon cabinet. Très souvent, je constate que ces blessures sont dues à un déséquilibre des masses musculaires et je leur recommande des exercices ainsi que des traitements afin de rétablir ces équilibres. Je pense qu’un certain nombre d’exercices peuvent être dangereux s’ils sont mal exécutés, ce qui est le cas par exemple des élévations de barre au dessus de la tête. Je crois que c’est un des exercices qui agresse le plus le cou et les trapèzes. J’ai d’ailleurs comme projet d’écrire un livre sur ce sujet et le moyen d’offrir une rééducation efficace. » 

LEXNEWS : “ Vous entraînez vous toujours ? » 

Franco COLUMBU: « Oui, j’ai toujours plaisir à m’entraîner même si je le fais plus doucement qu’autrefois. J’essaye toujours de varier mes séances d’entraînement. Je me concentre plus sur la pratique de certains sports comme le tennis, le football, et je joue aussi au billard ! »   

LEXNEWS : “ Merci Franco pour tous ces précieux conseils que nos lecteurs apprécieront à n’en pas douter ! La musculation n’est pas une discipline qui se pratique de manière improvisée, vos remarques sont là pour venir nous le rappeler. » 

 

Vous pourrez trouver d’innombrables conseils sur l’entraînement, la diététique, la prévention des blessures ainsi que de  nombreuses séances d’entraînements pour débutants, intermédiaires et confirmés dans le livre incontournable « Franco Columbu’s complete book of bodybuilding » que vous pouvez commander directement sur le site Web du grand champion (en anglais mais facile à lire !) :

www.columbu.com

 

 

Remise en Forme  

 Les tests des produits pour redécouvrir une activité sportive en douceur…

 

LEXNEWS a retenu une sélection de petits matériels faciles à ranger et à manipuler et qui offrent une véritable introduction à une remise en forme progressive et intelligente à tous ceux souhaitant se réconcilier avec leur corps. Testé sur le terrain, tous ces produits ont satisfait aux exigences de facilité d’usage et d’encombrement réduit. Découvrez avec ce dossier exclusif ce que sera votre mini salle de remise en forme !

(Attention : toute reprise de pratique sportive doit être précédée d’un examen médical)

La redécouverte de la marche à pied sportive est en cours. Pour ses bienfaits cardiovasculaires, et  les faibles contraintes sur les chaînes articulaires, c’est la pratique sportive numéro 1 plébiscitée par le corps médical pour une remise en forme progressive et un entretien régulier efficace. Pour une meilleure gestion de cette pratique millénaire, l’usage de poids lestés permettra, pour les sportifs ayant déjà acquis une certaine pratique, une intensification de l’effort progressif en fonction du lest retenu.

LEXNEWS a retenu les poignets et chevilles lestées DOMYOS et SVELTUS pour placer un effort supplémentaire, non seulement pour les marches sportives, mais pour toute autre pratique sportive exigeant un lest des membres supérieurs et inférieurs.

Si vos exercices vous semblent trop légers, place aux poids lestés avec les GYM Weights DOMYOS !

 

Les GYM Weights de DOMYOS permettent de lester la partie haute du corps avec une fixation velcro aux poignets, mais aussi le bas avec une fixation aux chevilles. Abdos, étirements, running, une multitude d’exercices est possible à l’aide de ces poids facilement transportables. Testés en extérieur, ces lests sont véritablement efficaces avec une très bonne résistance aux intempéries. Le velcro est solide et le poids bien réparti sur l’ensemble de la surface. Un produit indispensable pour l'athlète pressé... Disponibles en 0.5 kg, 1 et 2 kg.

Les Bandes Lestées Renforcées SVELTUS ont également été conçues pour un usage intensif. Leur finition est irréprochable et le système velcro, point faible de nombreux modèles, a été prévu pour résister aux ouvertures et fermetures répétitives. La surface d’accrochage a été judicieusement travaillée afin de garantir un confort de pose et une résistance à toute épreuve. Elaborés pour durer, ces modèles sont disponibles en poids allant de 750 gr à 1.5 kg. En velours pour un plus grand confort ou en nylon, ces bandes efficaces permettront de réaliser tous les exercices de fitness ainsi que la marche sportive exigeant un lest supplémentaire. Des produits parfaitement finis, pour une chaîne de fabrication contrôlée par une entreprise 100% française !

La gymnastique douce peut être une très bonne introduction pour la musculation en salle dont les effets bénéfiques, quant elle est bien menée, sont largement reconnus dans le milieu de la forme et de la santé. Progressivité et régularité seront de mise pour éviter les faux pas et le petit matériel proposé par SVELTUS et DOMYOS sera le partenaire du renforcement musculaire au quotidien.

 

 

Les Haltères à mains SVELTUS de 500 gr à 3 kg sont élaborés en Polypropylène. Cette matière résistante et silencieuse offre à ces haltères une utilisation efficace et discrète. La prise en main est agréable et l’ergonomie bien conçue. L’utilisation en extérieur ou avec des mains en sueur ne posera  pas de problème, le grip incorporant un système antiglisse. Autre astuce non négligeable, ces haltères ont des embouts carrés, un bon moyen pour éviter de les voir rouler au sol !

Accompagnés d’une planche pédagogique de 20 exercices à réaliser, ces poids trouveront leur utilisation quotidienne pour un grand nombre d’exercices ainsi que pour la marche sportive

 

DOMYOS propose deux packs d’haltères très pratiques et faciles à emporter. Les Haltères mousse DOMYOS ont misé sur leur prise en main exceptionnelle en raison de la matière en mousse qui les entoure et de la sangle de fermeture qui les équipe pour une prise en main sans faille. Disponibles en 2 x 0.5kg, 2 x 1kg et 2 x 2kg, ces poids vont permettrent le travail de tous les muscles de la partie haute du corps et, grâce à leurs poignées, seront les compagnons des longues séances de cardio.

 

Les haltères DOMYOS PVC seront également un choix judicieux pour les remises en forme avec des produits esthétiques et bien conçus. En PVC, agréable au toucher et respectueux des sols, ces haltères d’un encombrement réduit se rangent facilement en bas d’un placard ou dans un tiroir. Parfaitement ergonomiques, ces poids sont disponibles en 0,5 kg, 1 kg, 1,5 kg, 2 kg et 3 kg. Un petit livret particulièrement bien conçu accompagne ces haltères avec des conseils d’entraînements et des exercices illustrés.

Le BODY POWER DOMYOS est un accessoire malin à adopter sans réserve. D’un faible encombrement, ce système de résistance par ressort offre toute une gamme d’exercices pour les adducteurs, les pectoraux, les épaules, les bras,… Enrobé de mousse, il est facile et agréable d’utilisation et s’accrochera n’importe où dans une penderie jusqu’à la prochaine séance !

 

Avec les gants LYCRA DOMYOS, la protection des mains est garantie lors des exercices intensifs de musculation. Tout confort avec un dessus polyamide et élasthanne, ces gants à la fois résistants et souples se ferment à l'aide d'une bande auto-agrippante. Disponibles en noir et en taille du XS au XXL, ces gants sont indispensables à toute pratique régulière de la musculation.

 

LE MAXI 'ELASTIBAND SVELTUS s’étend pour une utilisation encore plus accrue. Pour un entraînement en souplesse et en étirement progressif, cet élastique s’avère être le choix numéro 1 largement plébiscité dans le milieu de la forme. Cet appareil a en effet été conçu pour le travail complet de tous les muscles du corps. Ce judicieux Elastique en toile est réglable en intensité : 5 compartiments permettent en effet de varier l’effort. Fourni avec un poster de 85 exercices, c'est une véritable séance d'entraînement réduit en un volume minimum qui vous accompagnera partout sans prendre de place !

 

L’ABDOFIT devrait rencontrer un franc succès à l’heure où de nombreux médecins et kinés soulignent les risques de trop nombreux exercices abdominaux pour les lombaires. Breveté, ce nouveau produit est élaboré à partir d’une planche en produits composites revêtue d’un tapis en mousse lavable. Cette matière ploie sous le poids de l’utilisateur et lui restitue une partie de son énergie pour l’aider à remonter tout en accompagnant la base des lombaires afin d’éviter le dos « cassé ». Ce maintien permet des répétitions plus nombreuses, centrées sur les muscles abdominaux et relâchant la pression sur les muscles du bas de dos. Trois positions sont offertes en fonction de la progression du pratiquant. Testé à la Revue, le produit nous a séduit pour son confort accru dans le début et la fin du mouvement, période où le dos est le plus mis à l’épreuve.

 

Place à la relaxation, aux étirements et au yoga après une telle séance ! Le YOGA SET de DOMYOS vous offre tous ce qui est nécessaire pour pratiquer cette discipline si bénéfique aux sportifs. Pour cela, le confort est au maximum avec un tapis d'une épaisseur de 8mm, d’une densité de 9kg/m3 pour seulement un poids de 182 g. Ce kit intègre également deux briques indispensables pour certains exercices. Enroulé avec sa sangle, cet ensemble est prêt à être utilisé en tout lieu pour une relaxation maximale !

 

Dimensions : L177 x l.62 cm, pliable, ne pas utiliser comme tapis de chute

 

Pour les produits DOMYOS : Disponibles dans la chaîne des magasins DECATHLON : Liste des points de vente disponible au 0810 08 08 08 ou sur le site Web : www.decathlon.fr

 

Tous les produits SVELTUS peuvent être commandés directement auprès de SVELTUS :

Par Téléphone : 04 77 90 70 70

Par courrier : SVELTUS 1 rue Rameau – BP 42 42230 Roche-la-Molière

Par Télécopie : au 04 77 90 70 71 (24 h / 24h)

Par Internet : sur le site http://www.sveltus.fr/

 

(LEXNEWS ne saurait être tenu responsable pour les conseils d’informations prodigués dans le cadre de cet article. Les informations indiquées ne sauraient se substituer à un avis médical spécialisé avant toute pratique sportive.)

 

INTERVIEW EXCLUSIVE DE FRANK ZANE

Est il encore besoin de présenter une légende vivante du bodybuilding et de la forme en la personne de Frank Zane ? Celui qui a gagné tous les titres majeurs de cette discipline (Mr. America, Mr. World, Mr. Universe, et 3 fois Mr. Olympia), et même battu Arnold Schwarzenegger en personne, est littéralement entré dans le panthéon des athlètes les plus accomplis.

Il est une caractéristique qui touche directement Frank Zane : celle d’un physique harmonieux quoique développé à l’extrême sans rien enlever à la symétrie, à l’esthétique générale du corps et sans sombrer dans l’hypertrophie trop souvent excessive de nombreux adeptes.

 Indépendamment des étapes du développement du physique de Frank Zane, et ce même la soixantaine dépassée, l’équilibre est au cœur même de la démarche de l’athlète. Adepte d’une approche psychologique originale dans ce sport, Frank Zane accorde une importance extrême à l’esprit en relation avec le corps.

Rencontre avec un athlète digne des plus belles statues des sculpteurs antiques !

 

 

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LEXNEWS : « Quelle a été votre première inspiration pour construire un corps si proche  des plus belles sculptures grecques classiques ? »

Frank Zane :  « Ma source d’inspiration première a été incontestablement le physique de Steve Reeves au début des années 60. J’ai été également fortement inspiré par les physiques des bodybuilders que je pouvais découvrir dans les pages des magazines de Joe Weider alors que je réalisais mes études supérieures. Plus tard, j’ai été fortement influencé par l’athlète Larry Scott dont les épaules et les bras m’impressionnèrent également. Je ne peux pas, bien sûr, omettre la formidable source d’inspiration qui a été celle d’avoir été un compagnon d’entraînement d’Arnold Schwarzenegger. »

LEXNEWS : « Vous êtes réputé pour votre fort investissement personnel quant à l’approche psychologique dans la vie quotidienne et, bien entendu, en sport. Pouvez vous nous dire quelles sont les relations que vous avez pu expérimentées entre l’esprit et le corps ? »

Frank Zane :  « J’ai un diplôme d’étude supérieur (master degree) en psychologie expérimentale. A partir de cette formation initiale, j’ai pratiqué la méditation régulièrement tout au long de mon parcours. Cela m’a d’ailleurs conduit à enregistrer des CD Audio comprenant des processus d’hypnose afin de faciliter la relaxation et fournir une motivation accrue pour ses utilisateurs. J’ai également élaboré un procédé qui s’appelle la Mind Muscle Machine qui a recours au processus de la méditation afin d’induire un état de conscience ou au contraire un assoupissement en fonction des programmes. Un état de relaxation est obtenu en réponse d’un entraînement grâce aux fréquences hautes ou basses en fonction des résultats souhaités.  J’ai d’abord élaboré ce procédé unique pour mes propres besoins puis je l’ai adapté pour mes clients. Vos lecteurs qui seraient intéressés par cette machine exceptionnelle pourront trouver des informations sur mon site web : www.frankzane.com/audiotapes.htm

LEXNEWS : « En relation avec la question précédente, comment jugez vous la tendance actuelle d’un ego surdimensionné en sport comme dans la vie de tous les jours ? »

Frank Zane :  « Je crois qu’il s’agit là d’une tendance naturelle de l’homme qui cherche à satisfaire son ego. Cela est particulièrement vrai jusqu’à un certain âge. Les bodybuilders expriment souvent cela par le biais des compétitions. Mais après cela, il faut avoir comme objectif plus général d’intégrer ce développement dans une dimension plus élargie. En ce qui me concerne, cela m’a conduit à enseigner et à être un exemple pour les autres »

LEXNEWS : « Quelles sont vos activités quotidiennes aujourd’hui ? »

Frank Zane :  « J’ai 63 ans, ce qui ne m’empêche pas de m’entraîner toujours sur une base régulière de 3 jours sur 5. Je réalise un programme dans ma salle privée à San Diego qui s’appelle « The Zane Experience ». J’enseigne à mes clients tous ce dont ils ont besoin de savoir pour obtenir les résultats maximum de leur entraînement. »

LEXNEWS : « Quel serait le premier et principal conseil que vous pourriez donner à nos lecteurs qui souhaiteraient débuter ou poursuivre un entraînement de bodybuilding ? »

Frank Zane :  «Premièrement, je pense que le bodybuilding doit rester avant tout un hobby. Il est difficile d’envisager de faire sa vie avec ce sport, très peu parviennent à en vivre d’ailleurs. Cette pratique doit être abordée comme un plaisir afin de se développer et d’être satisfait des résultats obtenus. La dimension matérielle doit passer au second plan, très peu de personnes sont capables d’avoir un physique d’athlète leur permettant d’en vivre. »

 

The Train with Zane Video DVD (Nouveau) En anglais

Entraînez vous avec un champion comptant parmi les plus grands de toute l’histoire du bodybuilding ! Avec ce dernier DVD de Frank Zane, c’est en effet la bible de la forme qui entre à votre domicile sur votre écran de télévision. Dans un style direct et chaleureux, Frank vous propose de vous mettre en forme quelque soit votre niveau avec différentes programmes de musculation adaptés à votre emploi du temps. En fait, il s’agit de la même approche que celle dispensée dans le fameux séminaire Zane Experience Program qui se déroule régulièrement à San Diego en Californie. Ce sont les secrets d’années d’entraînements qui se trouvent synthétisés et proposés de manière claire et inspirante dans ce DVD exceptionnel. La musculation est une discipline exigeante et sur le long terme pour laquelle il est indispensable d’intégrer les bonnes bases et les bons gestes dés le début : c’est tout l’objectif de cette vidéo. Illustrés par le champion en personne, les exercices sont proposés au choix dans leur variante pour haltères ou pour machine. Il est ainsi directement possible de prendre modèle sur ces séances d’entraînement pour les reproduire chez soi ou au gymnase. Ce DVD réjouira les fans d’une musculation raisonnée et intelligente, proposée par un grand maître du genre !

The Zane Body, Training Manual by Frank Zane (Nouveau) En anglais

Voici le tout dernier manuel de Frank Zane, un véritable condensé du grand spécialiste du bodybuilding, 3 fois Mr Olympia (la plus haute récompense dans la discipline) et grand pédagogue sur la forme et la santé. The Zane Body est un manuel d’entraînement destiné tant aux hommes qu’aux femmes (Il ne faut pas oublier que Christine, sa femme, a également participé à de nombreuses compétitions de fitness). Tout ce qui intéresse la musculation y est détaillé avec de nombreuses illustrations inédites de Frank en personne tout au long de sa carrière. La nutrition, le repos mais aussi les étapes préparatoires à des compétitions, font l’objet d’amples développements dans un style accessible et parfaitement pédagogique (l’auteur est également expert en la matière !).  Dans un format facile à transporter dans sa salle, ce tout dernier manuel devrait séduire un public nombreux, la barrière de la langue ne devrait pas poser problème, l’ouvrage étant qui plus est parfaitement illustré.

 

 

 

Pour plus de renseignements :

www.frankzane.com